Economie
Malgré une hausse de la production de 26 %… pourquoi les prix des œufs ne baissent-ils pas à l’approche du Ramadan ?
14/02/2026 - 16:05
Khawla Znaizini
Les prix des œufs ont connu, ces derniers jours, une hausse notable sur les marchés de gros et de détail, en parallèle avec l’approche du mois de Ramadan, période qui enregistre habituellement une augmentation de la demande pour ce produit de base.
Ainsi, le prix de l’unité d’œuf a atteint, le jeudi 12 février 2026, 1,30 dirham au marché de gros de vente d’œufs à Casablanca, pour parvenir au consommateur final autour de 1,50 dirham ou davantage, selon la qualité, le calibre et le point de vente. Une situation qui relance le débat sur les raisons de cette hausse et les perspectives d’évolution des prix au cours des prochaines semaines.
Khalid Rabti, responsable au sein de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA), a affirmé que les données statistiques disponibles indiquent une progression continue du niveau de production d’œufs au Maroc. Celle-ci est estimée à environ 7,06 milliards d’unités, soit une augmentation de 26 % par rapport à l’année 2024, ce qui permet de rassurer le consommateur quant à la disponibilité du produit durant le mois de Ramadan et à la capacité de répondre à ses besoins.
M. Rabti a ajouté, dans une déclaration à SNRTnews, que la consommation moyenne s’élève à 191 œufs par personne et par an, en hausse de 12 % par rapport à 2024.
Il a expliqué que les conditions climatiques difficiles, la hausse des coûts de production — notamment ceux des aliments pour volailles — ainsi que les problèmes d’approvisionnement des exploitations en aliments composés, dus aux perturbations météorologiques ayant affecté le système de déchargement dans les ports marocains, ont exercé une pression accrue sur les coûts de production.
De son côté, le président de l’Association de la solidarité des commerçants d’œufs de gros et de détail de la région Casablanca–Settat, Ibrahim Bousselham, a affirmé que le marché national ne connaît aucune pénurie d’œufs. Il a souligné que la production au niveau des exploitations agricoles a enregistré une hausse notable cette année, grâce à une meilleure disponibilité des aliments par rapport à l’an dernier.
Bousselham a précisé, dans sa déclaration à SNRTnews, que la production actuelle atteint environ 18 millions d’œufs par jour, contre près de 11 millions d’œufs durant la même période de l’année précédente, estimant que ces chiffres confirment que la hausse des prix observée n’est pas liée à une insuffisance de l’offre ni à un recul de la production.
Il a attribué cette hausse principalement à ce qu’il a qualifié de rétention de quantités d’œufs par certains propriétaires d’exploitations afin de faire grimper les prix, profitant de l’approche du mois de Ramadan, ainsi qu’à la multiplicité des intermédiaires entre le producteur et le consommateur. Plusieurs courtiers et spéculateurs interviennent en effet dans la chaîne, en augmentant de manière excessive les marges bénéficiaires.
Il a ajouté que les intermédiaires contrôlent largement les circuits de distribution et exploitent les périodes de forte consommation pour imposer des hausses injustifiées, par le biais du stockage ou de la revente à des prix plus élevés, estimant qu’il était attendu que le prix de l’œuf ne dépasse pas, durant cette période, 1,15 dirham.
Bousselham a prévu une baisse des prix au cours des prochaines semaines, compte tenu de l’abondance de la production et de la possibilité d’un recul de la demande, considérant que la situation actuelle demeure meilleure que celle de la même période de l’année dernière, marquée par une pression plus forte sur les prix en raison d’une demande élevée.
Pour sa part, Khalid Zaim, président de l’Association nationale des producteurs d’œufs de consommation, a indiqué que les semaines précédentes ont effectivement été marquées par des fluctuations des prix des œufs, qu’il attribue essentiellement aux conditions météorologiques ayant affecté le déroulement de la production et les chaînes d’approvisionnement.
Zaim a expliqué, dans une déclaration à SNRTnews, que l’instabilité climatique a provoqué des perturbations dans le trafic maritime et des retards dans l’approvisionnement en aliments, ce qui s’est temporairement répercuté sur les quantités d’œufs produites, avant que cette situation ne soit surmontée.
Il a souligné que les prix sont déterminés selon la logique de l’offre et de la demande, que l’autosuffisance est assurée et que la qualité est garantie, insistant sur le fait que toute baisse éventuelle des prix reste conditionnée à l’absence d’une forte hausse de la demande, notamment durant la période s’étendant de la dernière semaine précédant le Ramadan à la première semaine de celui-ci, qui correspond au pic de consommation.
Il a également estimé qu’une partie du problème est liée au comportement du consommateur : l’afflux massif et les achats en grandes quantités, motivés par la crainte d’une pénurie, entraînent une hausse soudaine de la demande, offrant ainsi aux intermédiaires davantage d’opportunités de spéculation. Il a appelé, à cet égard, à une rationalisation de la consommation et à un renforcement du contrôle des circuits de distribution afin de garantir des prix équitables.
Articles en relations
Economie
Economie
Economie
Economie