Economie
Vers une hausse des prix de la volaille au Maroc?
09/07/2024 - 16:04
Ouiam Faraj
Certains professionnels de l'élevage de poulets de chair ont mis en garde contre la hausse des prix du poulet pendant l'été, en raison de l'augmentation des prix de certaines matières premières impliquées dans la production et de l'augmentation du prix des poussins.
Le président de l'Association nationale des éleveurs de poulets de chair au Maroc (ANPC), Mohamed Aboud, a affirmé que le prix du poussin est passé à 8,5 ou 9 dirhams, alors qu'il oscillait auparavant entre quatre et cinq dirhams.
Il a souligné que ces augmentations se répercuteront sur les prix de vente sur le marché, ce qui affaiblira encore davantage le pouvoir d'achat des consommateurs, indiquant que le poulet qui se vend aujourd'hui sur le marché de Casablanca à 15 dirhams ou 14,5 dirhams le kilogramme, coûte en réalité plus de 16,5 dirhams à produire, "ce qui signifie que l'éleveur vend à perte car il ne couvre pas les coûts de production".
L'association a mis en évidence que la baisse des prix des aliments composés ne correspond pas aux prix du marché international, Aboud a affirmé que "la baisse des prix des aliments sur le marché mondial fait que ceux-ci se vendent sur le marché national à 3 dirhams, tandis que l'éleveur les achète à 5 dirhams".
Aboud estime qu'en raison du soutien dont ont bénéficié les entreprises d'incubation à travers le Plan Maroc Vert, les coûts de production auraient dû baisser, en limitant le prix du poussin à 3 dirhams, ce qui aurait aidé à stabiliser les prix de vente aux consommateurs à des niveaux raisonnables.
Pour sa part, Youssef Alaoui, président de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA), a confirmé que les prix des aliments ont enregistré une baisse de 20 centimes depuis environ un mois et demi, précisant que le prix du poulet est actuellement abordable pour le consommateur; il a atteint 15 dirhams le kilogramme après avoir augmenté auparavant.
Alaoui a expliqué, dans une déclaration à SNRTnews, que la possibilité d'une hausse des prix reste envisageable compte tenu de l'augmentation des prix de la viande rouge, dont le kilogramme a atteint 120 dirhams, notant qu'il existe une corrélation entre les deux secteurs.
L'Association nationale des éleveurs de poulets de chair au Maroc a demandé, dans un communiqué, aux autorités concernées d'ouvrir une enquête sur cette situation qui a causé, selon le président de l'association, une grande perte pour les petits et moyens éleveurs et a entraîné une augmentation et une rareté du produit, exprimant l'espoir des professionnels de voir les lois appliquées et d'être protégés contre le marché noir.
L'association a appelé les responsables de divers secteurs à intervenir d'urgence pour protéger ce qui reste des petits et moyens éleveurs, et en premier lieu les consommateurs, contre ce qu'elle appelle "la cupidité des entreprises productrices de ces matières premières impliquées dans la production de poulets de chair (poussin – aliment)", dans un contexte de baisse des prix des matières premières sur le marché mondial.
Le président de l'association a confirmé la tenue d'une réunion avec la présidence du Conseil de la concurrence pour présenter l'avis de l'association sur le sujet, signalant qu'il existe des promesses de rencontres avec les autres acteurs pour examiner le problème que connaît le secteur.
Articles en relations
Economie
Economie
Economie
Economie