Société
Jeunes NEET au Maroc: comment l’École de la Deuxième Chance atteint un taux d’insertion de 81 %
26/06/2026 - 23:54
Malak Zougagh
Le Maroc compte environ 1,7 million de jeunes âgés de 15 à 24 ans qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation (NEET). Ils représentent 29,3 % de cette tranche d’âge, selon une étude publiée en juin 2026 par le Policy Center for the New South (PCNS).
Les auteurs de l'étude rappellent que ce phénomène est étroitement lié à l’abandon scolaire. Chaque année, près de 300 000 élèves quittent prématurément l’école. Le taux d’abandon atteint 8,5 % au collège et 7,4 % au lycée, contre 1,5 % dans le primaire.
Face à cette situation, l’étude met en avant les résultats de l’École de la Deuxième Chance Nouvelle Génération (E2C-NG), un dispositif destiné aux jeunes de 14 à 20 ans ayant quitté le système scolaire.
Selon les données analysées par les auteurs, le programme affiche un taux d’insertion global de 81 %, un niveau qui inclut le retour vers l’éducation, la formation professionnelle ou l’emploi.
Dans le détail, 29 % des bénéficiaires réintègrent le système éducatif, 20 % poursuivent une formation professionnelle et 32 % accèdent directement au marché du travail. Au total, 52 % des jeunes accompagnés rejoignent directement la sphère professionnelle, soit par la formation qualifiante, soit par l’emploi.
L’étude explique ces résultats par une approche qui ne se limite pas à l’apprentissage technique. Les auteurs soulignent que de nombreux jeunes concernés évoluent dans des contextes marqués par la précarité et une perte de confiance dans les institutions.
Dans ce contexte, le programme vise également à reconstruire les liens sociaux et à renforcer les capacités de projection vers l’avenir.
Le dispositif a également connu une montée en puissance ces dernières années. En 2025, les programmes E2C ont accompagné 20 236 bénéficiaires, dont 6 480 filles. Ils ont également accueilli 480 jeunes en situation de handicap, 624 enfants en situation de rue et 150 jeunes migrants. Le réseau repose sur 281 associations partenaires et près de 1 500 animateurs et formateurs.
Pour les auteurs, les résultats obtenus montrent que l’insertion des jeunes en situation de décrochage scolaire dépend non seulement de la formation reçue, mais aussi de l’accompagnement proposé vers l’emploi ou la poursuite d’études. Ils relèvent que les principaux freins à l’insertion se situent souvent en dehors du cadre pédagogique, notamment le manque d’opportunités économiques dans certains territoires et la faible reconnaissance de certaines certifications par les employeurs.
L’étude note également que 66,7 % des associations interrogées identifient le manque d’opportunités économiques locales comme le principal obstacle à l’insertion, tandis que 55,6 % évoquent la reconnaissance insuffisante des diplômes.
Pour consolider les résultats obtenus, les auteurs recommandent notamment le renforcement du suivi après la formation, la création d’une certification reconnue par l’État ainsi qu’un accompagnement psychosocial plus structuré. Ils estiment que ces leviers pourraient contribuer à sécuriser les parcours d’insertion et à accompagner l’objectif fixé de 80 000 bénéficiaires à l’horizon 2030.
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