Art & Culture
Sylvain Barou : Le Festival Gnaoua incarne l’universalité de la musique
26/06/2026 - 18:25
Khawla Znaizini | Mohammed ChafiLe flûtiste français Sylvain Barou participe à la 27ᵉ édition du Festival Gnaoua et Musiques du Monde d’Essaouira à travers le concert d’ouverture, aux côtés de Mehdi Nassouli, de la chanteuse indienne Ganavya, de Sara Moullablad et de la troupe rwandaise I Buhoro. Un projet artistique fondé sur le dialogue entre des traditions musicales issues de cultures différentes.
Dans une interview accordée à SNRTnews, Sylvain Barou a exprimé sa joie de prendre part pour la première fois au festival, soulignant que cette invitation représente pour lui "un véritable cadeau" et une occasion rare de rencontrer des artistes venus d’univers musicaux variés et d’échanger avec eux.
L’artiste français a expliqué que ce projet ne consiste pas simplement à réunir différents styles musicaux sur une même scène, mais qu’il repose avant tout sur l’ouverture à l’autre et sur la volonté de sortir de sa propre zone artistique afin de construire un langage commun.
Il a ajouté que l’expérience vécue avec les artistes rwandais a été exceptionnelle, chacun cherchant à comprendre le langage artistique, les rythmes et les mouvements de l’autre. Une démarche qui s’est également reproduite avec les artistes gnaoua.
Une rencontre humaine avant d’être musicale
Selon Sylvain Barou, la diversité des instruments et des traditions musicales n’a pas empêché les participants de découvrir de nombreux points de convergence, aussi bien dans les mélodies que dans les rythmes. Il souligne également la richesse de la collaboration avec les chanteuses du projet, notamment Ganavya, issue de la tradition de la musique carnatique du sud de l’Inde.
Les artistes ont ainsi découvert l’existence de modes et de structures musicales communes entre la musique gnaoua et la musique indienne, ouvrant un vaste espace au dialogue et à l’improvisation. "Ce qu’il y a de plus beau dans ce projet, c’est qu’il ne repose pas sur un simple mélange superficiel des styles musicaux, mais sur une véritable rencontre humaine qui lui donne son âme et sa singularité", affirme-t-il.
Un voyage musical commencé dès l’enfance
Revenant sur ses débuts, Sylvain Barou explique que sa passion pour la musique est née vers l’âge de dix ans en Bretagne, dans le nord-ouest de la France, une région réputée pour la richesse de ses traditions musicales.
Il a commencé par apprendre les instruments traditionnels bretons avant de se rendre en Irlande pour approfondir sa connaissance de la musique celtique auprès de plusieurs maîtres et spécialistes.
Par la suite, son parcours l’a conduit en Inde où il a étudié la musique classique du nord du pays, appris à jouer du bansuri et exploré les modes musicaux appelés « ragas ». Il a ensuite poursuivi son exploration de diverses traditions musicales en Turquie, en Iran et en Arménie, tout en se formant à plusieurs instruments traditionnels tels que le duduk, la zurna et différentes flûtes.
Pour lui, le voyage musical ne s’arrête jamais : l’apprentissage et la découverte constituent l’essence même de son parcours artistique.
À propos de la musique gnaoua, Sylvain Barou affirme que ce qui le séduit le plus est l’énergie positive qu’elle dégage et sa capacité à transformer les émotions et les expériences humaines en messages porteurs d’espoir et de spiritualité. Il salue également la puissance de ses rythmes ainsi que la manière unique dont elle crée une relation vivante et interactive avec le public.
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