Société
Mise en échec d’un plan terroriste extrêmement dangereux visant le Maroc: le BCIJ révèle de nouvelles données
24/02/2025 - 11:39
Morad Karakhi | Fahd MerrounLe directeur du Bureau Central d’Investigations Judiciaires (BCIJ), Cherkaoui Habboub, a révélé de nouveaux détails concernant l'opération de démantèlement d'un plan terroriste d’une extrême gravité visant le Maroc, à l'instigation et sur incitation directe d'un haut dirigeant de l’organisation Daech opérant dans la région du Sahel.
Lors d'une conférence de presse tenue ce lundi 24 février 2025, Cherkaoui Habboub a expliqué que la cellule terroriste démantelée lors de cette opération, menée simultanément dans les villes de Laâyoune, Casablanca, Fès, Taounate, Tanger, Azemmour, Guercif, Oulad Teïma et Tamesna, et qui a conduit à l’arrestation de 12 extrémistes, portait le nom de "Lions du Califat au Maghreb Al Aqsa".
Il a précisé que le démantèlement de cette cellule était le fruit d’environ une année d’enquête, ses membres étant en lien avec un haut responsable de Daech dans la région du Sahel, d’origine libyenne. Ce dernier occupait un poste au sein de ce que l’organisation appelle le "Comité des opérations extérieures", chargé d’exporter des projets terroristes au-delà du Sahel et du Sahara.
Le responsable en question, nommé "Abdelrahman Es-Sahraoui Al-Liby", supervisait le financement et le soutien logistique, ainsi que la fourniture de contenus numériques expliquant aux membres de la cellule comment exécuter des opérations terroristes.
Cherkaoui Habboub a ajouté que les membres de cette cellule étaient à un stade avancé de leur plan terroriste. Ils avaient reçu une vidéo envoyée par leur chef présumé via une plateforme dédiée à la cellule, les incitant à passer à l’action et donnant ainsi le signal du passage à l'exécution matérielle des attaques destructrices.
Les projets terroristes définis par la branche de Daech au Sahel pour cette cellule incluaient l’assassinat d’agents des forces de l’ordre en les attirant dans des pièges avant de les éliminer et de mutiler leurs corps, ainsi que l’attaque d’infrastructures économiques et sécuritaires sensibles et d’intérêts étrangers au Maroc. Ces plans comprenaient également des actes terroristes visant l’environnement, tels que des incendies criminels.
Lors de cette opération, des engins explosifs en cours d’assemblage ont été saisis, dont un dispositif suspect sous forme d’une cocotte-minute remplie de clous et de produits chimiques utilisés dans la fabrication d’explosifs. Un grand nombre d’armes blanches, une somme d’argent en dollars américains, ainsi que des sacs contenant des substances chimiques suspectes ont également été retrouvés. De plus, un graffiti comportant l’emblème de Daech et des manuscrits détaillant l’observation de certains sites et infrastructures cibles ont été découverts.
Les perquisitions ont également permis de mettre la main sur une cargaison d’armes et de munitions enterrée dans une zone isolée au pied d’une falaise dans la province d’Errachidia. Ces armes étaient enveloppées dans des sacs en plastique et des journaux publiés au Mali, dont certains hebdomadaires datés du 27 janvier 2025.
Les armes à feu saisies comprenaient deux fusils d’assaut Kalachnikov avec leurs chargeurs, deux fusils de chasse, dix pistolets de différents calibres et une grande quantité de cartouches de divers types.
Dans ce contexte, le directeur du Bureau central d’investigations judiciaires a précisé que les numéros de série des armes à feu saisies avaient été effacés pour dissimuler leur provenance.
Il a également souligné que ces armes et équipements avaient été fournis et envoyés par un chef de Daech via des circuits de contrebande. Après avoir sécurisé leur transport et leur dissimulation, ce dernier a transmis les coordonnées du lieu d’entreposage à l’équipe des "coordinateurs" de la cellule terroriste démantelée, afin de leur permettre de récupérer les armes et de commencer à les utiliser dans leurs projets terroristes.
Articles en relations
Société
Société
Société
Société