Economie
OMPIC: l'industrie pharmaceutique en tête des dépôts de brevets au Maroc
09/01/2026 - 12:11
Khaoula Benhaddou
Le dynamisme entrepreneurial et l’effervescence de la propriété industrielle au Maroc continuent de progresser à un rythme soutenu, selon le dernier Bulletin de l’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale (OMPIC) couvrant la période de janvier à octobre 2025.
Cette tendance positive s’inscrit dans un contexte économique plus large où la pharmacie devient un moteur de l’innovation nationale.
Avec 92 232 entreprises créées, entre janvier et octobre 2025, soit une augmentation de 17 % par rapport à la même période en 2024, l’écosystème entrepreneurial marocain confirme sa vitalité.
Toujours selon la même source, les personnes morales représentent la majorité des créations, avec 66 391 sociétés, soit 72 % du total, tandis que 25 841 entreprises individuelles ont été créées.
La SARL à associé unique (SARLAU) reste la forme juridique majoritaire (64,9 %), suivie des SARL classiques (34,4 %) et des sociétés anonymes (0,2 %).
Casablanca domine
Sans grande surprise, la région Casablanca-Settat demeure en tête des immatriculations, avec 25 905 entreprises créées, soit 39 % du total national. Elle est suivie de Rabat-Salé-Kénitra (9 307 créations, 14 %) et de Marrakech-Safi (8 474, 12,8 %).
Les progressions les plus marquantes sont enregistrées dans la région Rabat-Salé-Kénitra (+33,6 %), suivie de Marrakech-Safi (+19,8 %), Souss-Massa (+19 %), Casablanca-Settat (+16,8 %) et Fès-Meknès (+15,7 %).
Les noms commerciaux dépassent les 117 000
L’activité liée aux certificats négatifs, indispensables à la création des entreprises, poursuit également sa tendance haussière. Ainsi, entre janvier et octobre 2025, 117 394 certificats négatifs ont été délivrés, en hausse de 10 % par rapport à 2024. Les dénominations commerciales représentent 94 % des demandes, confirmant la préférence des entrepreneurs pour des noms d’entreprises plutôt que des enseignes.
Là encore, Casablanca-Settat arrive en tête avec 43 698 certificats, suivie de Rabat-Salé-Kénitra (15 670) et Marrakech-Safi (15 670).
Les marques en plein essor
Sur le volet de la propriété industrielle, 26.553 demandes de marques ont été enregistrées. Les dépôts d’origine marocaine représentent 68 % du total, contre 32 % via le système international de Madrid.
La région Casablanca-Settat domine également les dépôts de marques avec 53,4 %, suivie de Rabat-Salé-Kénitra (10,47 %) et Marrakech-Safi (7,58 %).
Les classes de produits et services les plus demandées concernent les produits cosmétiques et préparations (classe 3) avec 21 %, suivies de la publicité et gestion des affaires (classe 35) avec 16 %, et des produits pharmaceutiques (classe 5) avec 14 %.
L’OMPIC a reçu 2.414 demandes de brevets d’invention, dont 338 d’origine marocaine et 2.076 étrangères. les demandes marocaines ont ainsi progressé de 39 % par rapport à 2024, confirmant l’essor de la recherche et du développement au niveau national.
Au total, 516 brevets ont été délivrés durant les dix premiers mois de l’année. Les secteurs les plus innovants sont dominés par les produits pharmaceutiques (27 %), la biotechnologie (14 %) et la chimie fine et organique.
Dans ce sens, les universités marocaines se distinguent comme principaux déposants nationaux, avec 64 % des brevets locaux, suivies des personnes physiques (20 %) et des entreprises (13 %).
Industrie pharmaceutique : un secteur stratégique
Les données de l’OMPIC confirment que le secteur pharmaceutique occupe une place centrale dans l’innovation marocaine.
Le secteur pharmaceutique marocain se hisse aujourd’hui au rang de deuxième plus grande industrie chimique du continent africain, et cinquième dans la région MENA.
Il génère un chiffre d’affaires annuel estimé à 15 milliards de dirhams, tout en répondant à plus de 70% des besoins du marché national en médicaments et produits thérapeutiques. Le Maroc, considéré comme 5e producteur de la région MENA exporte également 7 à 8 % de sa production en particulier vers l’Afrique subsaharienne et la région MENA. Le Royaume dispose également de 51 laboratoires autorisés dont 47 disposent d’ un site de fabrication.
Conscient de l’importance de ce secteur, le Maroc a lancé de nombreux chantiers visant à renforcer l’accès aux médicaments, améliorer la compétitivité du secteur et accompagner la modernisation du cadre réglementaire. Des réformes en matière de prix des médicaments, de soutien à la production locale et de réduction des droits de douane visent à concilier innovation, compétitivité et sécurité sanitaire.
Vers un écosystème innovant et résilient
Entre la montée en puissance des créations d’entreprises, l’essor des dépôts de marques et la place prépondérante du secteur pharmaceutique dans l’innovation, le Maroc trace une voie ambitieuse vers une économie fondée sur la créativité, la compétitivité et l’autonomie industrielle. Le pays semble déterminé à consolider son rôle non seulement comme plaque tournante de l’entrepreneuriat au Maghreb, mais aussi comme acteur clé dans les industries de pointe en Afrique et au-delà.
Articles en relations
Economie
Economie
Economie
Société