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Rama Duwaji, la femme que New York veut désormais connaître
18/11/2025 - 10:11
Matar Bensalmia
Jusqu’ici, elle avançait à pas discrets. Silhouette discrète dans les réunions communautaires, présence mesurée dans les rares photos de campagne, Rama Duwaji ne semblait pas destinée à occuper la scène politique new-yorkaise.
Pourtant, à mesure que son mari, Zohran Mamdani, remportait la mairie de New York en novembre, en tant que “plus jeune maire depuis un siècle” à 34 ans, une question s’est très rapidement imposée, faisant couler beaucoup d’encre. Qui est donc cette femme devenue, presque malgré elle, la nouvelle Première dame ?
À partir du 1er janvier 2026, la réponse portera un visage serein, celui d’une artiste américano-syrienne qui n’a jamais cherché la lumière, mais dont l’œuvre rayonne déjà bien au-delà des cercles culturels.
Née le 30 juin 1997 à Houston, Texas, Rama Duwaji a bâti son univers loin des codes politiques, dans l’intimité des ateliers. Son travail raconte ce que “les discours politiques” taisent. Dans ses illustrations, souvent en noir et blanc, Rama Duwaji saisit la dignité des femmes arabes, la force silencieuse des communautés, et les blessures infligées par les violences d’État.
Son parcours académique suit la même trajectoire engagée. Après des études en Communication Arts entamées à Doha puis achevées à l’Université de Virginie, elle décroche en 2019 un Bachelor of Fine Arts, avant de rejoindre New York pour un Master en illustration à la School of Visual Arts, qu’elle obtient en 2024.
Des résidences artistiques à Beyrouth, Paris ou dans les Catskill Mountains ont ensuite enrichi sa palette, nourrissant une œuvre profondément ancrée dans les migrations, les lignées familiales et les appartenances traversées.
C’est en 2021 que le hasard ou plutôt l’algorithme fait basculer sa trajectoire. Tout a commencé par une rencontre sur Hinge, une conversation, puis un chemin partagé avec Zohran Mamdani. Les fiançailles arrivent en octobre 2024, suivies d’une cérémonie intime en décembre, d’une union civile à New York en février 2025, puis d’une célébration en Ouganda, terre natale du futur maire, en juillet de la même année.
Dans les coulisses de la campagne, elle a toujours su façonner avec douceur l'image publique de son époux, veiller à ses apparitions, affiner sa présence numérique sans jamais franchir la ligne de la mise en avant personnelle. Son rôle n’est pas dans le discours, mais dans l’équilibre.
Et pourtant, malgré cette retenue soigneusement assumée, Rama Duwaji cultive une présence active et assumée sur les réseaux sociaux, où elle partage son travail et ses convictions. Son Instagram, qui mêle art, engagement et identité, est devenu un espace où elle affirme ses valeurs, notamment autour de la cause palestinienne et des droits des femmes au Moyen-Orient, bien avant que la politique ne braque les projecteurs sur elle.
À la tête d’une ville habituée aux figures flamboyantes, elle apporte une présence calme, un engagement sincère, et cette pudeur rare des artistes qui préfèrent raconter le monde plutôt que s’y exposer.
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