Société
Rareté de l'eau: où en sont les solutions étatiques?
23/07/2022 - 12:00
SNRTnews
Face à la pénurie d'eau et au manque de précipitations, des solutions s'imposent. Du coup, le ministère de l'Equipement et de l'eau s'emploie à mettre en œuvre toutes les possibilités pour trouver une solution au problème de l'eau dans les zones les plus exposées à cette rareté. Parmi ces solutions figurent notamment le programme national d'exploration des points d'eau et des eaux souterraines ainsi que la réalisation des barrages collinaires.
Le ministère de l'Equipement et de l'eau planche, dans le cadre d'un programme étalée sur la période 2022-2027, sur la réalisation de barrages collinaires dans les régions fortement touchées par la sécheresse. Si actuellement, le taux de réalisation annuel ne dépasse pas 8 barrages, le Maroc vise à construire 120 nouveaux barrages d'ici 2023, portant le rythme de construction à 5 barrages chaque mois.
Dans une réponse à une question écrite de la parlementaire Fatima Yassine du groupe du Mouvement populaire, le ministre de l'Equipement et de l'eau, Nizar Baraka, a souligné que le Comité national chargé de la réalisation des barrages collinaires comprend des représentants des ministères de l'Intérieur, de l'Economie, des finances, de l'Agriculture, de l'Equipement et de l'eau, ainsi que de l'Office national de l'électricité et de l'eau potable (ONEE).
Le comité a pour mission de déterminer les projets de barrages qui seront mis en œuvre, sur la base des propositions des comités régionaux présidés par les Walis, qui veillent à trier les besoins aux niveaux régional et local. Pour financer ces projets, le ministère de l'Equipement et de l'eau a conclu une convention cadre de partenariat avec les ministère de l'Intérieur et de l'Economie, prévoyant la mise en place de petits barrages collinaires, à déterminer en fonction des priorités, à l'horizon 2024.
Le professeur de climatologie à l'Université Hassan II de Casablanca, Said Karrouk, a expliqué à SNRTnews que les barrages collinaires sont construits principalement dans les vallées, et sont constitués d'une barrière en terre uniquement, pour réduire le débit d'eau et changer sa direction, contrairement aux plus grands barrages qui ont des barrières en béton et ont un une plus grande capacité et modifier la zone géographique environnante.
Et à Karrouk de souligner qu'en plus de ne pas modifier la zone qui l'entoure, cela permet de fournir de l'eau aux zones voisines, pour qu'elle soit utilisée dans l'irrigation par les petits agriculteurs. Le professeur estime qu'il est nécessaire de rechercher des solutions pour développer les eaux souterraines afin de protéger les eaux de surface, considérant que des solutions immédiates ne sont pas disponibles.
A ce propos, le directeur de la recherche et de la planification de l'eau au ministère de l'Equipement et de l'Eau, Abdelaziz Zerouali, a révélé à SNRTnews que le nombre total de puits qui ont été forés de l'année 2020 aux derniers mois de 2022 s'élève à 1.165 puits.
D'ailleurs, selon la même source, ces puits, dont le débit attendu est estimé à 2.080 litres/sec, permettent de couvrir 59 communes, tout en profitant à 700 localités.
Zerouali précise que ces projets s'inscrivent dans le cadre du Programme d'exploration des eaux souterraines (PNAEPI 2020-2027) intéressant les zones qui souffrent d'une pénurie d'eau potable.
D'ailleurs, dans ce sens, 37 projets ont été réalisés en 2020 pour une enveloppe de 77,2 millions de dirhams. En 2021, 47 projets ont été achevés, pour un montant de 137,5 MDH alors que depuis le début de l'année 2022 jusqu'à aujourd'hui, 45 projets ont été finalisés pour 124 MDH.
Il convient de noter que la Banque Mondiale plaide pour l'encouragement de l'utilisation durable, efficace et équitable des ressources hydriques au Maroc. "Le Maroc fait partie des pays les plus touchés au monde par le stress hydrique. Les événements récents ont montré que les solutions techniques ne suffisent plus à protéger l'économie contre les chocs climatiques et soulignent la nécessité d’adopter des politiques complémentaires, telles que celles décrites dans le Nouveau modèle de développement, qui permettraient de tenir compte de la véritable valeur des ressources en eau et d'encourager des usages plus efficients et plus raisonnés", affirme dans ce sens Jesko Hentschel, directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Maghreb et Malte.
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