Société
"Sexe contre bonnes notes": une enquête de terrain pour appréhender le fléau
23/04/2022 - 12:43
Lina Ibriz
L’affaire des « Notes contre le sexe » s’étant déclenchée dans une des universités du Royaume, il n’a pas fallu beaucoup de temps pour que d’autres universités et écoles rejoignent le lot. Des mesures d’urgence ont certes été prises, mais comment cerner objectivement et dans la durée ce fléau de corruption sexuelle ? Une enquête vise justement à répondre à cette question et bien d’autres.
La lutte contre la corruption constitue un des piliers de l’État démocratique. Au Maroc, c’est une guerre qui s’est annoncée cela fait bien des années. Tout de même le fléau de la corruption non pas seulement persiste, mais devient de plus en plus polymorphe. Aujourd’hui, c’est une forme en particulier qui mouvemente la société marocaine : la corruption sexuelle au sein des universités.
Pour mieux cerner ce fléau, et afin d’approcher la question de manière objective, l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la Corruption a décidé d'y consacrer une fenêtre de son enquête de terrain globale sur la corruption. "Une enquête de terrain générale sur l’état de la corruption, telle qu’elle est perçue par les citoyens, les entreprises, les porteurs de projets, les MRE, etc.. Elle concerne l’ensemble des secteurs et l’ensemble du territoire national", explique, dans une déclaration à SNRTnews, le président de l’Instance, Mohammed Bachir Rachdi.
Dans ce cadre, une partie de cette enquête portera sur les pratiques de corruption sexuelle "pour identifier cette forme de manifestation de "Al Fassad", pour pouvoir éventuellement lancer des études plus approfondies", ajoute-t-il.
L’enquête s’étend sur une période approximative de 7 mois, affirme Rachdi, notant que la phase du cadrage est en cours de validation. "Au niveau de la méthodologie, nous allons définir la cible la plus appropriée pour tirer les meilleures informations et meilleurs renseignements sur cette fenêtre que nous ouvrons dans le cadre de l’enquête générale", souligne notre interlocuteur.
Pour le Président de l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la Corruption, cette enquête revêt d’une grande importance pour la société ainsi que pour la lutte contre les pratiques de corruption. "Cet approfondissement de la connaissance objective de ce fléau est un point d’entrée fondamental pour pouvoir cerner les foyers de corruption", indique-t-il.
Et de poursuivre : "Cette connaissance passe par plusieurs lois. D’abord, il y a la loi n°46-19 qui a institué un observatoire comme organe de l’Instance. L’observatoire est chargé de récolter toutes les données disponibles produites par différentes institutions nationales et internationales et de mener des enquêtes, des études et des recherches propres à l’Instance pour pouvoir recouper l’information et l’analyser en profondeur".
L’instance vise ainsi à cerner ce fléau et l’analyser "que ce soit en termes de la situation où en on est aujourd’hui par rapport aux pratiques de corruption, ou que ce soit en termes de son évolution dans le temps". L’objectif étant de comprendre quels sont les facteurs derrière cette évolution et "pouvoir alimenter les guides et pratiques en matière de prévention et de lutte contre la corruption", indique aussi Rachdi.
Enfin, le Président de l’Instance de lutte contre la corruption met l’accent sur l’importance de cette enquête qui est "l’un des outils importants pour nous alimenter en données et en informations et pouvoir élaborer des indicateurs objectifs de mesure".
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