Sport
Tarik Sektioui, stratège silencieux en quête d’un nouveau sacre
01/08/2025 - 10:03
Amine Oubaha
À l’approche du premier match du Maroc face à l’Angola, prévu ce dimanche 3 août dans le cadre du Championnat d’Afrique des Nations (CHAN 2024), Tarik Sektioui s’impose comme l’un des principaux atouts des Lions de l’Atlas locaux.
Premier entraîneur marocain à avoir conduit l’équipe nationale olympique à une médaille de bronze historique lors des Jeux de Paris 2024, Sektioui poursuit sa trajectoire ascendante, guidé par une méthode à la fois discrète et rigoureuse.
Calme, lucide et d’un professionnalisme rare, le technicien marocain imprime sa marque loin des projecteurs. Avant chaque compétition, il se mure dans un silence stratégique, tenant ses séances d'entraînement à l’écart des caméras et des indiscrétions. Pour lui, la préparation se fait dans la confidentialité, afin de ne rien dévoiler à l’adversaire.
Une philosophie qui traduit sa rigueur tactique et son exigence du détail, comme il l’a expliqué lors de la conférence de presse tenue le 23 juillet 2025, à l’occasion de l’annonce de sa liste: "À force de travailler discrètement, tu donnes moins d’informations aux adversaires. C’est une stratégie que j’ai adoptée lors des Jeux Olympiques. À mon arrivée à l’équipe nationale, nous avons joué deux matchs en Turquie avec un dispositif différent de celui que j’avais en tête. J’ai sacrifié deux matchs pour donner une fausse information à l’adversaire. C’est ma propre stratégie".
Mais derrière cette retenue se dresse un véritable meneur d’hommes, au discours posé et à la vision offensive assumée. Tarik Sektioui prône un football rythmé, engagé et porté vers l’avant. Son sens de la communication, clair et direct, facilite l’adhésion du groupe à son projet.
À ses yeux, la cohésion, la discipline et la mentalité collective sont les clés du succès. Ce calme exemplaire, même dans les moments les plus tendus, inspire sérénité et confiance au sein de son effectif.
La preuve: aux Jeux Olympiques de Paris, les Lionceaux de l’Atlas ont tenu tête à de grandes nations du football, et les ont même dominées tant sur le plan des résultats que du jeu, à l’image de l’Argentine, des États-Unis ou encore de l’Égypte. C’est d’ailleurs cette même maîtrise qui l’a porté au sommet avec la sélection olympique, et qui nourrit aujourd’hui les espoirs d’un nouveau sacre continental.
Confronté à une contrainte réglementaire imposant la sélection exclusive de joueurs nés à partir de l’an 2000, Tarik Sektioui a vu sa tâche se compliquer davantage avec le départ massif de plusieurs éléments prometteurs vers des championnats étrangers, notamment dans le Golfe et en Europe. La sortie de ces talents a bouleversé les plans initiaux du sélectionneur, l’obligeant à revoir sa stratégie de construction d’équipe.
Ancien international marocain passé par l’AJ Auxerre, le FC Porto ou encore l’AZ Alkmaar, Sektioui a lancé sa carrière d'entraîneur en 2013 avec le Maghreb de Fès, avant d’enchaîner au Widad Fès puis au Moghreb de Tétouan. C’est avec la Renaissance de Berkane qu’il s’impose pleinement, remportant la Coupe de la CAF et la Coupe du Trône.
Le Maroc évoluera dans le Groupe A aux côtés du pays hôte, le Kenya, ainsi que la RD Congo, l’Angola et la Zambie. Un défi de taille pour un technicien qui bâtit dans le silence…et frappe avec précision.
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