Société
Aïd Al Adha : quand les Sénégalais fêtent la Tabaski au Maroc
18/07/2021 - 21:00
Karim Sefiani (Stagiaire)
La communauté sénégalaise installée au Maroc se prépare pour l’Aïd Al Adha prévue mercredi prochain. Comment cette fête se déroule pour cette communauté? Existent-ils des points de ressemblance entre les habitudes marocaines et sénégalaises à cette occasion ? Pour répondre à ces questions, SNRTnews a recueilli les témoignages de quelques Sénégalais résidents au Maroc.
Pour Aïd Al Adha, les préparatifs vont bon train pour la communauté sénégalaise installée au Maroc. Prévue mercredi prochain, la Tabaski, qui est le nom donné en Afrique de l'Ouest à la fête du sacrifice, est l'occasion pour les Sénégalais de rendre visite à leurs proches dans les régions et de partager en famille et avec les voisins un mouton sacrifié le jour même. Même pour les enfants, c’est un peu comme Noël, des cadeaux leur sont offerts. Au Maroc, cette communauté essaie de s’adapter à certaines habitudes marocaines. "Ce qui me fait le plus plaisir le jour de l’Aïd quand j’égorge le mouton avec la famille, c’est la complicité que j’ai avec mes voisins marocains", nous a indiqué Oumar Baldé, rédacteur en chef chez Medi1tv qui passe cette année son 14e Aid Al Adha au Maroc.
Interrogé sur les habitudes de la communauté sénégalaise à cette occasion, Oumar, père de deux enfants, précise que "lors de cette période, nous célébrons comme tous les Marocains la fête, mais en y intégrant certaines richesses de notre pays". Parmi ses rituels, qui constituent sans nul doute une richesse culturelle pour le Royaume, il y a lieu de citer les visites à tous les voisins juste après avoir effectué la prière de l’Aïd, ce qui n’est pas très commun chez les Marocains. Ce geste avait d’ailleurs, "agréablement surpris plusieurs Marocains chez qui je suis allé la matinée de l’Aïd taper à leur porte pour leur souhaiter une bonne fête".
Au Sénégal, l’ambiance de la fête est beaucoup plus animée
Autre particularité: la consommation de la viande du mouton le jour même contrairement à ce que fait la majorité des Marocains qui la reportent jusqu’au lendemain minimum. "Au Sénégal, dès qu’on tue le mouton, on le coupe et on commence à faire la grillade", a poursuivi Oumar Baldé, qui a noté aussi que les Sénégalais se vêtissent d’habits traditionnels marocains ou sénégalais pour marquer l’occasion. "Personnellement, ce que je fais moi et ma famille à l’occasion de l’Aïd el Kabir et Aïd el Fitr, soit nous portons tous des habits traditionnels sénégalais, soit nous portons tous des habits traditionnels marocains". L’objectif est de faire sentir aux enfants que c’est en effet un jour spécial.
C'est la fête des enfants aussi
C’est dire que cette diversité des habitudes constitue une richesse culturelle pour le Maroc, bien qu’Oumar Baldé ait constaté une tendance à un désintérêt de certains Marocains pour cette fête. "C’est le seul constat que je fais, et peut être que ça doit dépendre des quartiers. Au Sénégal, l’ambiance de la fête est beaucoup plus animée", avant de nous signaler qu’il essayait de pallier à cela en invitant des amis chez lui le jour de l’Aïd. "A 13 heures, tout le monde vient manger chez moi, ensuite nous rendons visite aux autres voisins. On donne aussi de l’argent aux enfants, c’est la fête".
Ce constat, Sahel Sissoko, journaliste à Medi1Tv et résident au Maroc depuis plus de 4 ans, nous le confirme aussi. "L’ambiance n’est pas du tout la même ici au Maroc. Au Sénégal, c’est une vraie fête, avec une réelle effervescence et avec beaucoup de dépenses engagées. La fête dure jusqu’à 3 jours". Et à lui d’ajouter que "cette ambiance particulière est ce qu’il lui manquait le plus du Sénégal, lors de cette période. Même s’"il se sent comme chez lui ici avec ses frères musulmans", avant de poursuivre que pour pallier à cela, "on essaie d’aller chez des compatriotes Sénégalais le jour de la Tabaski".
Il faut dire que nombreuses sont les habitudes qui rapprochent le Maroc de la communauté sénégalaise de par sa proximité géographique, économique, politique et aussi de par le fait que ses deux peuples partagent la même religion sans oublier non plus l’histoire commune partagée entre les deux nations.
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