Société
Abdelhamid Benkhattab: La protestation doit rester pacifique et encadrée
06/10/2025 - 12:59
Morad Karakhi | Khaoula Benhaddou
Alors que plusieurs villes marocaines ont récemment été le théâtre de manifestations de jeunes marquées par des débordements, le politologue Abdelhamid Benkhattab, professeur à l’Université Mohammed V d’Agdal-Rabat, rappelle que la protestation, dans son essence, repose sur la non-violence et l’encadrement.
Contacté par SNRTnews, Abdelhamid Benkhattab, professeur de sciences politiques à l'Université Mohammed V-Agdal de Rabat, a déclaré que le recours au vandalisme dans certaines manifestations de jeunes observées dans différentes villes du Royaume caractérise souvent les mouvements de protestation non encadrés.
Ces événements ont été marqués par diverses formes de violence et de vandalisme, notamment le jet de pierres sur les forces de l'ordre, la dégradation de biens appartenant à des citoyens, des dégâts matériels sur les véhicules et les vitrines des commerces, des vols, l'incendie de voitures appartenant aux forces de l'ordre, la détérioration de biens d'utilité publique, ainsi que des actes de violence et le blocage de la circulation sur la voie publique.
M. Benkhattab a expliqué que les actes de violence survenant dans ce contexte proviennent souvent de personnes qui ne représentent pas les manifestants, car l'essence de toute protestation réside dans le pacifisme et l'encadrement politique et juridique permettant d'absorber la colère et de la canaliser.
Il a souligné que le vandalisme ne peut être considéré comme ayant des motivations politiques, mais qu'il s'agit plutôt d'actes criminels.
Il a précisé que la responsabilité juridique consiste à déterminer qui doit en subir les conséquences lorsque la manifestation sort de son cadre défini, tandis que la responsabilité politique réside dans l’identification des parties qui se cachent derrière l'appel à manifester et dans leur représentation claire de la jeunesse.
Il a ajouté que les manifestations dans certaines villes ont pris la forme d'un mouvement de jeunesse non organisé dont on ne connaît pas les instigateurs et dont on ignore s'il représente réellement l'ensemble de la jeunesse marocaine, ce qui rend difficile la détermination des responsabilités et la négociation de ses revendications.
M. Benkhattab estime que la faiblesse de certains partis politiques et associations, et le déclin de leur rôle d'encadrement et de médiation, contribuent indirectement à l'aggravation de la situation, ces institutions n'étant plus en mesure d'intégrer ou d'exprimer les revendications sociales.
Il a signalé que le recul des rôles des canaux de médiation politique et partisane a entraîné un vide et une stagnation, expliquant une partie du désordre que nous vivons aujourd'hui.
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