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Addiction aux réseaux sociaux: le jury californien doit tenter mardi de sortir de l'impasse
24/03/2026 - 09:08
AFP
Le jury californien chargé de déterminer si Instagram et YouTube savaient que leurs plateformes étaient dangereuses et addictives pour les mineurs, doit reprendre mardi une 8e journée de délibérations pour tenter de sortir de l'impasse et éviter l'échec de ce procès inédit.
Les 12 jurés d'un tribunal civil de Los Angeles ont été renvoyés chez eux lundi soir, après une nouvelle journée de délibération infructueuse.
Très attendu, ce verdict est censé donner une première référence pour des milliers de plaignants aux Etats-Unis qui accusent les grandes plateformes d'être responsables d'une épidémie d'addiction des jeunes aux réseaux sociaux.
Rien ne filtre des débats à huis clos de ces 12 citoyens, sauf les questions écrites, très scrutées, qu'ils adressent de temps en temps à la juge Carolyn Kuhl et aux avocats de toutes les parties. Et celle de lundi a dévoilé un point de blocage de leurs débats.
"Le jury a du mal à parvenir à un consensus pour l'un des défendeurs, avez-vous un conseil sur la manière d'avancer?", demandait la question, lue par la juge devant eux et le public.
En réponse, la magistrate leur a demandé de poursuivre leurs délibérations. Les jurés doivent se décider sur plusieurs points du procès par une majorité qualifiée de neuf voix sur douze.
"Si vous n'êtes pas en mesure de rendre un verdict, le dossier sera présenté à un autre jury (...) et coûtera des frais supplémentaires" à la collectivité, a-t-elle mis en garde, invitant les jurés à "garder l'esprit ouvert et à se sentir libre de changer d'avis" sans pour autant "abandonner vos convictions sur la vérité et le poids des preuves".
"Nous faisons ici de la divination dans les feuilles de thé", a commenté Mark Lanier, l'avocat de la plaignante, au sujet de l'interprétation des questions du jury.
"Je ne pense absolument pas que nous soyons proches d'un 'mistrial'", c'est-à-dire d'un échec du procès obligeant à recommencer la procédure, a-t-il ajouté.
Les jurés avaient posé vendredi une question technique sur les dommages et intérêts impliquant qu'ils envisageaient de retenir la responsabilité légale d'une des deux plateformes dans les problèmes de santé mentale rencontrés par les utilisateurs de moins de 18 ans.
Milliers de plaintes
Ce verdict est très attendu avant deux autres procès à Los Angeles censés servir de mètre-étalon pour plus d'un millier de familles américaines qui poursuivent les grands réseaux sociaux.
TikTok et Snapchat, également concernés par ces procédures, ont choisi de signer un accord au montant confidentiel avec la plaignante du premier dossier pour s'éviter un procès.
D'autres centaines de familles, soutenues par des ONG et des districts scolaires, poursuivent les géants des réseaux sociaux devant une juge fédérale d'Oakland pour des griefs similaires.
Ces procédures judiciaires ne portent pas sur les contenus publiés sur les plateformes, immunisées sur ce point par la loi américaine, mais sur la conception même des réseaux sociaux, accusés d'avoir multiplié les fonctionnalités - boutons "like", défilement infini, notifications intenses, filtres esthétiques, etc - pour retenir leurs utilisateurs le plus longtemps possible, en premier lieu les mineurs.
Les jurés doivent dire si Meta et Google ont fait preuve de "négligence" dans le développement de leurs plateformes respectives, Instagram et YouTube.
Ils doivent également dire si les deux groupes auraient dû savoir que leurs plateformes étaient "dangereuses" pour les mineurs, si elles ne pouvaient ignorer que "les utilisateurs ne mesureraient pas le danger" et si elles ont manqué à leur obligation de les en "avertir".
Les jurés doivent enfin déterminer si cette éventuelle "négligence" de conception ou ce défaut d'avertissement ont constitué un "facteur substantiel" des préjudices subis par la plaignante, Kaley G.M.
Cette Californienne de 20 ans, devenue une consommatrice compulsive des réseaux sociaux dès l'enfance, les tient responsables de ses troubles de santé, notamment sa dépression, son anxiété et des idées suicidaires.
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