Art & Culture
Ali Rguig: le Maroc avance vers une véritable industrie du cinéma d’animation
19/05/2026 - 11:51
Khawla Znaizini | Ayoub MouhyiddineAlors que l’industrie mondiale du cinéma d’animation connaît de profondes mutations, portées par l’essor des technologies et des plateformes numériques, le Maroc poursuit ses efforts pour renforcer sa place dans un secteur qui ne se limite plus aux films pour enfants, mais qui repose désormais sur la créativité, l’innovation technologique et l’économie culturelle.
Entre l’émergence de nouvelles expériences marocaines et les tentatives de structuration du secteur, la question du passage d’initiatives individuelles à une industrie intégrée demeure plus que jamais d’actualité. Dans ce contexte, Ali Rguig s’impose comme l’un des acteurs engagés dans le développement de l’écosystème de l’animation et des arts numériques au Maroc. Il est le fondateur et directeur du studio Artcoustic, spécialisé dans la production et le développement de projets de cinéma d’animation et d’arts numériques.
Ali Rguig figure parmi les noms ayant contribué au lancement de la première série d’animation marocaine entièrement destinée aux chaînes nationales et internationales. Il a également fondé Flow Motion School, première école dédiée à la formation et à l’insertion des jeunes dans les métiers de l’animation et du jeu vidéo, avec l’objectif de combler le manque de compétences spécialisées dans le secteur. Plus de 100 diplômés de cette école ont déjà été intégrés au marché du travail.
Son activité dépasse par ailleurs le cadre marocain. Il supervise également des projets internationaux réunissant le Maroc, la France, la Belgique et le Canada, illustrant une ouverture croissante vers les coproductions et les collaborations transfrontalières.
Dans un entretien accordé à SNRTnews, Ali Rguig revient sur la réalité du cinéma d’animation au Maroc et sur les transformations que connaît le secteur, tant au niveau des technologies que des modes de narration. Il estime qu’« il est aujourd’hui possible de parler d’une véritable industrie marocaine du cinéma d’animation », grâce à l’existence de talents et de compétences capables de produire des œuvres répondant aux standards internationaux.
Il évoque également des productions comme « Hikayat wa Ibar » et dévoile les coulisses de la série « Marocains dans le ciel », diffusée durant le dernier Ramadan sur 2M. Cette œuvre retrace notamment le parcours de Touria Chaoui, première pilote d'avion marocaine et arabe.
Construire une identité marocaine
L’entretien aborde aussi les enjeux liés à la formation, au financement et au rayonnement international, dans un contexte marqué par les bouleversements imposés par les plateformes numériques, l’intelligence artificielle et la culture du contenu rapide.
Ali Rguig souligne que le principal défi aujourd’hui réside dans la construction d’une identité marocaine forte et contemporaine dans le domaine du cinéma d’animation, capable de concilier enracinement culturel et ambition internationale. Selon lui, cette industrie constitue à la fois un levier économique et un outil efficace de valorisation de la culture et de l’histoire marocaines.
Il révèle également que plusieurs idées autour d’autres figures historiques sont envisagées pour les prochaines saisons de « Marocains dans le ciel », parallèlement à de nouveaux projets actuellement en développement. Parmi eux figurent deux séries en partenariat avec la chaîne TV5 Monde, ainsi qu’un court métrage intitulé « Haroun et Maamoun », réalisé avec la cinéaste Jihane Joypaul, remarqué au Festival international du film d’animation d’Annecy. S’ajoutent également le film « Malik », en collaboration avec le réalisateur Khalid Nait Zlay, ainsi que le projet de film « Ziryab », porté avec la réalisatrice Ghita Amrani.
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