Economie
Autoroutes: Nizar Baraka n'exclut pas de revoir les tarifs des péages
04/02/2025 - 20:56
Youness Oubaali
Le ministre de l'Equipement et de l'Eau, Nizar Baraka, n'a pas exclu la possibilité de réviser le prix des péages d’autoroutes. Cette décision intervient dans le cadre du processus de révision des études ayant déterminé la valeur du capital de la Société "Autoroutes du Maroc" (ADM), ainsi que des mesures que la société envisage de prendre pour surmonter sa situation financière lourdement endettée.
Réagissant sur le contenu du rapport de la mission exploratoire intérimaire sur l'ADM, qui a établi un diagnostic inquiétant de la situation financière de la société, Nizar Baraka a indiqué qu'il faut trouver rapidement des solutions à l’endettement de la société.
Le ministre n’a pas écarté des solutions comme la possibilité de réviser les tarifs de péages afin d'atteindre l'équilibre financier, ajoutant qu'il faut également reconsidérer l'accord-cadre signé en 2019 avec la société, qui a fixé la durée du contrat de concession à 99 ans.
Le ministre a expliqué que le modèle économique de l'investissement dans les autoroutes se caractérise par un retour sur investissement à long terme en raison du coût élevé de l'investissement par rapport aux revenus à court et moyen terme, soulignant que l'investissement total dans l'infrastructure a atteint 55 milliards de dirhams. Le déficit financier annuel de la société a été fixé à un milliard de dirhams, annonçant que ce déficit structurel pourrait durer jusqu'en 2030. Cette situation financière alarmante a incité la société à prendre des mesures pour maîtriser l'endettement.
Dans ce sens, le ministre a noté que les fonds propres de la société ont été renforcés, que le ratio d'endettement (gearing) a été ramené de 4 à 1,5 et que tous les contrats de concession ont été fusionnés en un seul contrat d'une durée de 99 ans, ce qui a contribué à assurer un rendement rentable pour la société (TRI).
La société a également eu recours à la restructuration de sa dette entre 2016 et 2020 à hauteur de 15,5 milliards de dhs, soit 40% de la dette totale, par le biais du rachat de dettes, ce qui a permis de réduire le service de la dette de 5 milliards de dhs sur la période 2016-2032, et de couvrir le risque de fluctuation des taux de change. La société s'est également efforcée de maintenir sa capacité à financer les investissements.
La société a également veillé à remplir ses engagements et à ce que ses paiements soient effectués en temps voulu sans recourir au budget de l'État.
Le ministre a indiqué qu'ADM, en partenariat avec ses organes de gouvernance, étudie des méthodes de financement innovantes et nouvelles afin de financer ses investissements futurs tout en maintenant son équilibre financier. La société étudie également la possibilité de revoir la tarification à la performance comme moyen d'atteindre l'équilibre financier, et étudie la possibilité de lier le ratio de fonds propres au niveau de trafic pour les futurs tronçons autoroutiers.
Comment expliquer le départ du personnel?
Le rapport de la mission exploratoire s'est arrêté sur un autre problème dont souffre la société ADM. Outre l’endettement, il a été constaté qu'il y a une pénurie de ressources humaines, avec des dizaines de personnes qui quittent l'entreprise, ce qui affecte négativement ses performances.
Le ministre n'a pas caché ce fait, mais a confirmé que l'entreprise souffre d'un problème de succession en raison des départs à la retraite, et que le secteur privé attire les employés de l'entreprise, qui ont donc quitté l'entreprise pour améliorer leur situation financière.
Pour maintenir le personnel expérimenté de l'entreprise, le ministre a déclaré que "l'entreprise s'efforce de valoriser l'expertise interne, mais les retraités ne peuvent pas être remplacés".
Et d'ajouter "L'entreprise a plus de 35 ans, ce qui signifie que le nombre d'employés en âge de prendre leur retraite a augmenté ces dernières années. Leur remplacement n'est pas toujours automatique, mais qu'il se fait de manière délibérée pour s'adapter aux évolutions technologiques".
Le nombre de personnel technique dans le domaine de la construction et de l'entretien des infrastructures a augmenté de manière significative grâce à la filiale ADM Projet.
"Afin d'éviter les grèves, un nouveau dialogue social a été lancé avec les représentants des salariés et des entreprises sous contrat pour améliorer la situation matérielle et sociale", a déclaré le ministre, qui a précisé que les négociations étaient dans leur phase finale.
En ce qui concerne la situation chaotique dans certains axes routiers, évoquée dans le rapport exploratoire parlementaire, le ministre a indiqué que la société a déployé la vidéosurveillance le long du réseau avec des caméras de nouvelle génération et a augmenté le nombre de tours de contrôle centrales et régionales.
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