Economie
Budget économique prévisionel: L'économie marocaine maintient le cap
20/01/2026 - 12:24
SNRTnews
Alors que l’économie mondiale s’engage dans une phase de ralentissement marqué par les tensions géopolitiques et la fragmentation des échanges, le Maroc affiche une trajectoire à contre-courant.
Selon le Budget économique prévisionnel 2026 du Haut-Commissariat au Plan (HCP), l’économie nationale devrait enregistrer une croissance de 5 % en 2026, après 4,7 % en 2025, confirmant une dynamique d’accélération amorcée depuis 2023
Cette performance repose avant tout sur un moteur interne solidement enclenché. La demande intérieure étant devenue le pilier central de l’activité économique, dans un contexte de désinflation progressive et de reprise agricole marquée.
Reprise agricole
L’année 2026 démarre avec un net redressement du secteur primaire. Sous l’hypothèse d’une campagne agricole supérieure à la moyenne, la valeur ajoutée agricole bondirait de 10,4 %, après une progression estimée à 4,5 % en 2025.
Cette amélioration est attribuée à des conditions climatiques plus favorables, à la reconstitution progressive des réserves hydriques et au redressement attendu de l’élevage, soutenu par le programme national de reconstitution du cheptel.
À lui seul, le secteur primaire contribuerait à hauteur de 1,1 point à la croissance en 2026, contre 0,4 point en 2025, confirmant son rôle de variable d’ajustement majeur de la conjoncture nationale.
Les activités non agricoles confirment leur résilience
En parallèle, les activités non agricoles poursuivent leur dynamique, avec une croissance attendue de 4,3 % en 2026, portée par l’industrie, le BTP et les services marchands.
Le secteur secondaire progresserait de 4,2 %, malgré un léger ralentissement, dans un contexte de finalisation progressive des grands chantiers d’infrastructures.
Le BTP, soutenu par les projets stratégiques et le programme d’aide directe au logement, conserverait une trajectoire favorable, tandis que les industries manufacturières stabiliseraient leur croissance autour de 4 %.

Le secteur tertiaire, pour sa part, continuerait de jouer un rôle moteur avec une contribution de 2,3 points à la croissance du PIB en 2026, notamment grâce à la bonne tenue du commerce, du transport et du tourisme.

La demande intérieure, moteur incontesté de la croissance
Le scénario macroéconomique du HCP confirme la prédominance de la demande intérieure, dont la croissance atteindrait 5,7 % en 2026, contribuant à hauteur de 6,3 points à la croissance du PIB
La consommation des ménages progresserait de 4,1 %, soutenue par la revalorisation salariale, la hausse des revenus agricoles et l’atténuation des pressions inflationnistes.
L’investissement brut resterait dynamique, malgré un ralentissement relatif, avec une progression de 8,7 % en 2026, après 16,3 % en 2025. Il continuerait d’être porté par les grands projets structurants, la nouvelle Charte de l’investissement et l’effort soutenu des établissements publics.

Un équilibre externe toujours sous tension
Cette dynamique interne s’accompagne toutefois de fragilités persistantes sur le front extérieur. Le rapport anticipe un creusement du déficit commercial, qui atteindrait 21,1 % du PIB en 2026, contre 19,1 % en 2024.
La forte hausse des importations, stimulée par l’investissement et la demande intérieure, contraste avec une progression plus modérée des exportations, pénalisées par la transition énergétique et la faiblesse de la demande européenne.
Le déficit courant devrait néanmoins s’alléger à 1,9 % du PIB en 2026, après 2,4 % en 2025, grâce à la résilience des recettes touristiques et au maintien des transferts des Marocains résidant à l’étranger.

Désinflation
Sur le plan des prix, l’inflation poursuivrait sa décélération, pour s’établir à 1,3 % en 2026, après 1,9 % en 2025, favorisée par la baisse des cours internationaux des matières premières.
Cette évolution contribuerait à soutenir le pouvoir d’achat et à stabiliser le cadre macroéconomique.
Enfin, la consolidation budgétaire se confirme. Le déficit budgétaire reculerait à 3,2 % du PIB en 2026, tandis que la dette publique globale poursuivrait sa trajectoire descendante pour s’établir à 77,5 % du PIB, après 78,9 % en 2025, sous l’effet conjugué de la hausse du PIB nominal et de la maîtrise des dépenses de compensation.
Une croissance solide… mais à rééquilibrer
Le Budget économique prévisionnel 2026 dresse ainsi le portrait d’une économie marocaine résiliente, capable de maintenir un rythme de croissance soutenu dans un environnement international contraint. Mais il met également en lumière le défi de la dépendance à la demande intérieure, au prix d’un déséquilibre externe toujours prononcé.
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