Economie
HCP: L’économie marocaine amorce 2026 sur une croissance modérée mais résiliente
13/01/2026 - 10:06
SNRTnews
L’économie nationale entame l’année 2026 dans un contexte marqué par des incertitudes externes accrues, mais portée par des facteurs internes de résilience, selon le Point de conjoncture n°49 publié par l’Institut national d’analyse de la conjoncture relevant du Haut-Commissariat au Plan (HCP).
Selon le document, la croissance économique devrait connaître une légère accélération au premier trimestre 2026, atteignant 4,2% en glissement annuel, après un rythme stabilisé autour de 4% à la fin de 2025.
Cette évolution s’inscrit dans le prolongement d’un second semestre 2025 caractérisé par une modération de la croissance, sous l’effet du ralentissement de la demande extérieure. Au troisième et au quatrième trimestre 2025, l’activité économique a été principalement soutenue par la demande intérieure, tandis que le commerce extérieur a continué de peser négativement sur la croissance. Le dynamisme des services non marchands, des activités liées à l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations et la résilience de l’agriculture ont toutefois permis de maintenir l’activité à un niveau supérieur à sa tendance de long terme.
À la fin de 2025, l’environnement macroéconomique s’est distingué par une inflation en net recul. Au quatrième trimestre, le taux d’inflation s’est établi à -0,1%, sous l’effet du repli des prix alimentaires et d’une hausse modérée des prix non alimentaires. Cette désinflation s’est accompagnée d’un contexte monétaire et financier accommodant, marqué par la stabilité du taux directeur à 2,25%, la détente des taux d’intérêt et la progression des crédits à l’économie.
Sur le plan sectoriel, l’agriculture a poursuivi son redressement, avec une progression de la valeur ajoutée agricole de 4,7% au quatrième trimestre 2025. Les perspectives pour le début de 2026 apparaissent plus favorables, soutenues par des conditions climatiques améliorées et une nette hausse du cumul pluviométrique. À l’inverse, les industries manufacturières ont évolué sous contrainte, pénalisées par la faiblesse de la demande étrangère, même si une légère amélioration est attendue au premier trimestre 2026. Les services, en particulier le tourisme, les transports et l’hébergement-restauration, ont enregistré des performances soutenues, bénéficiant des retombées de la CAN et du raffermissement de la demande des non-résidents.
Le commerce extérieur est resté un point de fragilité. Au quatrième trimestre 2025, les exportations de biens et services ont vu leur croissance ralentir, tandis que les importations ont continué de progresser, bien qu’à un rythme plus modéré. Cette évolution a conduit à un creusement du déficit commercial de 31,9% sur les mois d’octobre et novembre 2025 et à un repli du taux de couverture à 52,6%.
Du côté des finances publiques, l’exécution budgétaire à fin novembre 2025 fait apparaître une forte dynamique des recettes, portée par la fiscalité domestique, parallèlement à une augmentation marquée des dépenses ordinaires et d’investissement. Le déficit budgétaire s’est toutefois creusé, reflétant l’intensification de l’effort d’investissement public et le repli du solde des comptes spéciaux du Trésor.
À l’échelle internationale, l’environnement reste contrasté. Le ralentissement des échanges mondiaux, les tensions commerciales et l’évolution différenciée de l’inflation dans les grandes économies constituent des facteurs de risque pour l’économie marocaine. La zone euro devrait connaître une croissance modérée au début de 2026, tandis que les États-Unis et la Chine afficheraient des rythmes de croissance plus soutenus, mais sous contraintes.
Dans l’ensemble, le scénario macroéconomique retenu par le HCP pour le début de 2026 repose sur un équilibre entre des risques externes persistants et des moteurs internes relativement solides. La demande intérieure, l’investissement public et la reprise des activités agricoles devraient continuer de soutenir la croissance, dans un contexte d’inflation contenue et de conditions financières favorables.
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