Economie
HCP: La croissance ralentit au T3 2025
31/12/2025 - 11:35
SNRTnews
L’économie nationale a marqué un léger ralentissement au troisième trimestre 2025. Selon la note d’information publiée ce mercredi par le Haut-Commissariat au Plan (HCP), la croissance économique marocaine s’est établie à 4%, contre 5% à la même période de l’année précédente.
Cette décélération masque toutefois des dynamiques contrastées entre les secteurs et confirme le rôle central de la demande intérieure dans le soutien de l’activité. Dans le détail, le HCP indique que le ralentissement est principalement imputable aux activités non agricoles, dont la croissance est passée de 5,7% à 3,8%. À l’inverse, le secteur agricole a renoué avec une dynamique positive, enregistrant une hausse de 4,4%, après une baisse de 5,1% au troisième trimestre 2024.
Un net essoufflement des secteurs secondaire et tertiaire
La valeur ajoutée du secteur secondaire, corrigée des variations saisonnières, a vu son rythme de croissance reculer à 3,8%, contre 6,9% un an auparavant. Ce ralentissement s’explique, selon la même source, notamment par la décélération des activités du bâtiment et travaux publics (5,6% au lieu de 6,8%), de l’industrie d’extraction (5,2% après 14%) et des industries de transformation (2,6% contre 6,6%). Seules les activités de l’électricité et de l’eau ont affiché une accélération, avec une croissance portée à 5,9%, contre 4,6% précédemment.
Même tendance dans le secteur tertiaire, dont la croissance est passée de 5% à 4,2%. Plusieurs branches ont enregistré un ralentissement, notamment l’hébergement et la restauration (7,4% au lieu de 12,3%), le transport et l’entreposage (3,5% contre 7,5%), le commerce et la réparation de véhicules (3,2% contre 4,7%) ou encore l’information et la communication (1,5% contre 2,2%). À l’inverse, les services de l’administration publique ont progressé de 4,8%, tandis que les services immobiliers sont sortis du repli pour afficher une croissance de 0,9%.
Au total, la valeur ajoutée du secteur non agricole s’est établie à 3,8%, contre 5,7% un an plus tôt.
L’agriculture en reprise, la pêche en fort recul
Du côté du secteur primaire, la valeur ajoutée a progressé de 2,6%, après une baisse de 4,2% au troisième trimestre 2024. Cette évolution est tirée par la reprise de l’activité agricole, tandis que l’activité de la pêche a connu une chute marquée de 24,4%, après une hausse de 13,4% l’année précédente.
Compte tenu également de l’évolution des impôts nets des subventions sur les produits, en hausse de 4,8%, le PIB en volume, corrigé des variations saisonnières, a ainsi affiché une croissance globale de 4%, selon le HCP.
Aux prix courants, le PIB a progressé de 5,7%, contre 8,7% un an auparavant. Cette évolution traduit un ralentissement du niveau général des prix, limité à 1,7%, contre 3,7% au troisième trimestre 2024, confirmant un contexte d’inflation maîtrisée.
La demande intérieure, principal moteur de la croissance
Dans ce contexte, la demande intérieure s’est imposée comme le principal soutien de l’activité économique. Elle a progressé de 7,6%, contre 5,9% un an plus tôt, contribuant pour 8,3 points à la croissance nationale.
Cette dynamique est largement portée par l’investissement brut, en hausse de 15%, après 11,8% au troisième trimestre 2024, avec une contribution de 4,6 points à la croissance. La consommation finale des ménages a également accéléré, enregistrant une hausse de 3,9%, tandis que la consommation finale des administrations publiques a progressé de 7,4%, contre 5,5% l’année précédente.
Les échanges extérieurs pèsent sur la croissance
À l’inverse, les échanges extérieurs ont exercé une pression négative sur la croissance. Les importations de biens et services ont fortement augmenté de 15,3%, entraînant une contribution négative de 7,7 points. Les exportations, bien qu’en hausse de 8,2%, ont ralenti par rapport à 2024, ne contribuant qu’à hauteur de 3,4 points.
Au total, les échanges extérieurs ont dégagé une contribution négative de 4,3 points à la croissance au troisième trimestre 2025, contre -1,5 point un an auparavant.
Enfin, le HCP souligne que le revenu national brut disponible a progressé de 6,2%, soutenu notamment par la hausse de 14,5% des revenus nets reçus du reste du monde. L’épargne nationale s’est établie à 29,7% du PIB, tandis que l’investissement brut a représenté 32,6% du PIB, faisant ressortir un besoin de financement de 2,9%, contre 2,3% au troisième trimestre 2024.
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