Politique
Cannabis : les coulisses du vote du projet de loi en commission
22/05/2021 - 13:19
Youness Oubaali | Ghita Ismaili
Après de longues heures de discussions, la commission de l'Intérieur, des collectivités territoriales, de l'habitat et de la politique de la ville à la Chambre des représentants a adopté vendredi soir, à la majorité, le projet de loi sur l'usage légal du cannabis.
C'était prévisible. Les députés du Parti de la justice et du développement (PJD) ont voté contre le projet de loi 13.21 relatif à l'usage légal du cannabis. Seulement trois d'entre eux étaient présents à la réunion consacrée à la discussion détaillée et au vote du texte, alors que 11 autres ont préféré laisser la chaise vide. Du côté des autres groupes parlementaires représentés, 20 députés ont voté en faveur du texte.
Le ton avait déjà été donné au début de la réunion, à laquelle a participé le ministre de l'Intérieur Abdelouafi Laftit, puisque le député PJD Moh Rejdali a annoncé que son groupe avait décidé de voter contre le projet de loi. Les deux autres députés de la Lampe ayant voté contre sont Aziz Benbrahim et Mohamed Hafiani.
Dans une déclaration à la MAP, le président le commission Moulay Hicham El Mhajri a indiqué qu’au bout de sept heures de débat acharné autour de ce projet de loi, le gouvernement a pris en considération certains amendements qui sont à même d’apporter une plus-value et d’avoir un impact positif sur la population de la région.
Ceci, a-t-il ajouté, permettra surtout aux jeunes de la région de développer leurs compétences et, au même titre que les grandes sociétés, de trouver des partenaires pour valoriser leur production, à condition que les activités liées à cette production ne soient pas dominées par une seule entité afin d’en garantir la traçabilité.
Mercredi dernier, les groupes parlementaires de la majorité et l'opposition, ont déposé leurs amendements au projet de loi sur l'usage légal du cannabis, à l'exception de celui du PJD.
Selon les déclarations des présidents et des représentants des groupes parlementaires, les amendements soumis concernaient la nécessité de contourner les poursuites et les peines de prison qu'encourent les cultivateurs, mais aussi de faire bénéficier ces personnes d'une couverture sociale, sanitaire et professionnelle.
Le 4 mai dernier, Abdelouafi Laftit avait présenté devant les membres de la commission de l’Intérieur un exposé sur les "conclusions des études réalisées sur l’impact du développement du cannabis". Le ministre avait alors présenté des données et chiffres inédits sur la culture du cannabis au Maroc.
Il a entre autres indiqué que les superficies cultivées sont passées de près de 120.000 hectares au début des années 2000, à environ 50.000 hectares ces dernières années et que chaque agriculteur cultive en moyenne 25,1 hectares de surface.
Selon l’Intérieur, le nombre de personnes exerçant cette culture encore illégale est estimé à environ 400.000, ce qui équivaut à environ 60.000 familles. Le revenu net lui est compris entre 16.000 et 75.000 dirhams par hectare.
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