Société
Casablanca : le site archéologique "Thomas 1" dévoile les secrets du plus ancien peuplement humain de la région
16/04/2025 - 17:04
Halima Aamir | Ayoub MouhyiddineAu cœur de l’expansion urbaine rapide de la ville de Casablanca, et plus précisément sur le site archéologique de "Thomas 1" dans l’arrondissement de Hay Hassani, se poursuivent les travaux de fouilles menés par une mission scientifique conjointe entre l’Institut National des Sciences de l’Archéologie et du Patrimoine (INSAP) et l’Université de Montpellier Paul Valéry en France. Cette mission est dirigée par Abdelrahim Mouhib, Camille Daujeard et Rosalia Gallotti, dans le but d’enrichir les connaissances sur les débuts de l’occupation humaine sur la côte atlantique marocaine
Lors d’une visite de terrain sur ce site archéologique, SNRTnews a observé le travail minutieux des archéologues marocains et français, qui s’efforcent de reconstituer une scène de la préhistoire en se basant sur les couches géologiques renfermant des trésors vieux de plusieurs centaines de milliers d’années.
Les recherches en cours ont démontré que le site de "Thomas 1" constitue l’un des plus anciens témoignages de l’occupation humaine sur le littoral de Casablanca. Les données scientifiques indiquent que son histoire remonte à plus d’1,7 million d’années.
Plus de 780.000 ans : le plus ancien humain du littoral casablancais
Ces recherches de terrain ont abouti à des découvertes inédites, dont la plus marquante est une mâchoire humaine datant de plus de 780.000 ans, attribuée à l’un des tout premiers habitants de la région.
Les chercheurs ont également mis au jour des dents de lait appartenant à un enfant d’environ trois ans, fournissant ainsi des données rares sur l’enfance durant la préhistoire, selon les explications d’Abderrahim Mouhib, superviseur des fouilles pour le compte de l’Institut national des sciences de l’archéologie et du patrimoine (INSAP).
L’importance de ces découvertes ne se limite pas à l’espèce humaine : des ossements d’animaux disparus datant eux aussi de plus de 1,7 million d’années ont été retrouvés, révélant la diversité biologique qui caractérisait jadis le littoral casablancais.
Abderrahim Mouhib souligne que le site archéologique de Thomas 1 atteste d’une occupation humaine préhistorique, précédant l’émergence de l’Homo sapiens, dont les plus anciennes traces connues au Maroc remontent à environ 315.000 ans.
L’espoir de redessiner la carte de la préhistoire au Maroc
Durant la période de recherche, entre le 2 et le 16 avril, des échantillons de sédiments géologiques ont été prélevés pour tester de nouvelles techniques de datation physique, notamment au niveau de la grotte des Rhinocéros, à une profondeur de six mètres, afin d’analyser les formations géologiques qu’elle renferme.
Ces découvertes renforcent l’hypothèse selon laquelle les côtes marocaines n’étaient pas de simples voies de passage pour les premières migrations humaines, mais aussi des lieux de peuplement et de vie.
L’équipe scientifique espère que ces recherches contribueront à réécrire l’histoire de l’occupation humaine en Afrique du Nord, en s’appuyant sur des preuves matérielles attestant que des espèces humaines archaïques vivaient dans cette région à la préhistoire.
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