Art & Culture
Dikra: Nabyl Lahlou, l'éternel rebelle du théâtre marocain
07/05/2026 - 20:41
SNRTnewsNabyl Lahlou incarne la célèbre citation du romancier français André Malraux : "Le fou copie l'artiste, et l'artiste ressemble au fou". Cependant, pour Nabyl Lahlou, sa folie dépassait les limites du raisonnable, à tel point qu'il était difficile pour un esprit ordinaire d'assimiler l'audace démesurée de sa création.
Nabyl Lahlou est parti de manière soudaine. La maladie ne lui a accordé aucun répit et ne l'a pas cloué au lit pour allumer un voyant rouge annonciateur d'un départ imminent.
Il est resté fidèle au choc, dans l'art, le théâtre, le cinéma et dans la mort. Même en s'apprêtant à quitter notre monde, il a surpris tout le monde en plein milieu de sa tournée théâtrale, laissant son spectacle suspendu à jamais.
Quelques jours avant sa disparition, il mettait les dernières touches à sa dernière représentation théâtrale dans l'espace du Complexe culturel d'Anfa à Casablanca.
Toutefois, le soir du rendez-vous, quelques heures avant le lever du rideau, Nabyl s'est excusé auprès de son public. Beaucoup de ses amis ont pensé qu'il s'agissait d'un malaise passager qui se dissiperait comme une tempête, mais le destin réservait un autre mot... le mot de la fin.
L'artiste différent et rebelle nous a quittés, lui qui était l'homme aux positions intransigeantes et aux titres innombrables.
Né à Fès en 1945, Nabyl Lahlou a marqué le parcours de la production dramatique au Maroc par un style singulier, une vision distinguée et une passion créative qui l'a habité jusqu'à ses derniers jours.
Nabyl Lahlou a achevé sa formation théâtrale en France avant de retourner au Maroc, où il s'est consacré à l'écriture de textes dramatiques en arabe et en français. Il a ensuite investi le monde de la réalisation et de l'interprétation cinématographiques, proposant des films mêlant comédie et fantastique. Il a débuté à la fin des années 70 avec "Al Kanfoudi" (1978), enchaînant dans les années 80 avec "Le Gouverneur général" (1980), "Brahim Yach" (1984), et "Komany" (1989). Il a clôturé sa carrière cinématographique en 2002 avec le film "Les Années de l'exil".
Toutefois, les critiques estiment que la contribution majeure et qualitative de Nabil Lahlou s'est concentrée dans le théâtre, auquel il a consacré plus d'un demi-siècle de sa vie.
Il s'est illustré avec la pièce "Les Milliardaires" en 1968, suivie de "Ophélie n'est pas morte" (1968). Ses œuvres se sont poursuivies dans la même veine expérimentale, telles que "Les Tortues", "L'Empereur Chrichmatouri", "Le Journal d'un fou", "Le Procès de Socrate", entre autres.
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