Economie
Filière laitière: la baisse de la production de plus en plus inquiétante
16/09/2022 - 20:18
Khaoula Benhaddou
La production laitière est en repli au Maroc. Une baisse relevée depuis plusieurs mois pour des raisons liées à la sécheresse, au coût de l’alimentation du bétail et au changement d’activité des éleveurs.
"Le Royaume connait depuis quelques jours une baisse remarquable du lait. Cette baisse s’accentuera dans les jours à venir et on risque de revenir à la situation des années 90 où les consommateurs faisaient la queue pour acheter un litre de lait". c’est en ces termes que s'est exprimé Bouazza Kherrati, président de la fédération marocaine des droits du consommateur (FMDC) qui alerte sur un recul de l’offre des produits laitiers.
Pour le militant associatif, cette baisse s'explique par plusieurs facteurs. "Nous avons lancé l’alerte bien avant le Ramadan. Heureusement, nous n’avons pas ressenti les effets de cette crise durant le mois sacré", a-t-il lancé avant de poursuivre: "Aujourd’hui, certaines épiceries et hypermarchés manquent de lait pasteurisé sous l'effet de la baisse de la production et de la commercialisation. Une situation due entre autre à la flambée des prix des aliments du bétail et à la fermeture de plusieurs fermes à cause de sécheresse".
Les éleveurs à genoux
Les éleveurs de vaches laitières sont à genoux. Après deux années de crise, plusieurs d’entre eux étaient obligés de vendre leurs fermes et leur bétail comme le confirme Said, éleveur. "L'élevage des vaches n’est plus rentable. L’alimentation du bétail représente plus des deux tiers du coût de la production laitière. Depuis quelques mois, le prix des matières premières et des ressources fourragères a remarquablement augmenté sans oublier les effets de la sécheresse", a-t-il déploré avant de renchérir: "ne pouvant plus assurer l’alimentation de leur bétail, plusieurs fermiers ont vendu les vaches pour l’abattage et d’autres ont carrément mis la clé sous la porte".
Une situation confirmée par Bouazza Kherrati. "Le nombre d’éleveurs diminuent de plus en plus. Ils préfèrent changer d’activités et opter pour des agricultures plus rentables comme les fruits rouges ou l’avocat. Le prix de vente de lait ne couvre plus les frais de production. Un petit éleveur est obligé de vendre le lait à 3,50 dirhams à la société au lieu de 5 dirhams en vrac, ce qui n’est plus rentable. D'autant plus que les sociétés n’ont pas aidé l’éleveur à accompagner l’évolution des prix des aliments", explique le président de la fédération qui n’écarte pas une augmentation du prix du lait prochainement.
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