Economie
HCP: la croissance résiste grâce aux secteurs non agricoles
06/06/2025 - 11:12
SNRTnews
Selon l’arrêté des comptes nationaux de l’année 2024, l’économie marocaine a enregistré une croissance de 3,8 % en 2024, légèrement supérieure à celle de 2023 (3,7 %), portée par la dynamique des secteurs non agricoles, notamment l’industrie, les services financiers et le commerce.
Le document publié par le Haut Commissariat au Plan (HCP) indique que cette performance s’est cependant inscrite dans un contexte de forte inflation et d’aggravation du besoin de financement national.
Une croissance tirée par l’industrie et les services
Le secteur secondaire a connu un net rebond, avec une hausse de 4,2% contre 0,8% en 2023. Ce dynamisme est dû à la reprise de l’industrie extractive (+13 %), à la bonne tenue du BTP (+5 %) et à la croissance de l’industrie manufacturière (+3,3 %). Le secteur de l’énergie a également inversé la tendance avec une croissance de 2,6% après une chute de 10,6% l’année précédente.
Pour ce qui est du secteur tertiaire, bien que ralenti à 4,6% contre 5% en 2023, a bénéficié d’une forte croissance dans les services de transport (+7,4%), les assurances (+7,3 %), le commerce (+4,1%) et surtout l’éducation et la santé (+6,6%).
Le secteur agricole en repli
À l’inverse, le secteur agricole a reculé de 4,8%, secoué par des conditions climatiques défavorables. Cela contraste avec la légère progression de 1,5% enregistrée en 2023. La pêche a également marqué le pas, avec un ralentissement à 2,6% contre 6,9% en 2023.
Demande intérieure en hausse, exportations insuffisantes
La demande intérieure reste le principal moteur de la croissance, avec une augmentation de 5,8%. L’investissement brut a bondi de 10,9%, contribuant pour 3,2 points à la croissance, contre seulement 1,3 point en 2023.
Cependant, les échanges extérieurs ont pesé négativement sur la croissance: les importations (+11,6%) ont surpassé les exportations (+8%), creusant le déficit commercial. La contribution des échanges extérieurs à la croissance a ainsi été négative de -2,5 points, contre -1,8 point l’année précédente.
L’inflation persiste
Le PIB en valeur a progressé de 7,9%, avec une hausse des prix de 4,1%. Cette inflation continue d’éroder le pouvoir d’achat. Parallèlement, le besoin de financement de l’économie nationale s’est creusé, passant de 1% à 1,2% du PIB.
Malgré un contexte mondial incertain, le Maroc maintient toutefois une croissance modérée mais stable, grâce à la résilience de ses secteurs non agricoles. Cependant, les déséquilibres extérieurs et le repli agricole appellent à des réformes structurelles pour soutenir la diversification économique, renforcer la souveraineté alimentaire et réduire la dépendance aux importations.
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