Art & Culture
Karim Aïnouz, le cinéaste des métamorphoses, membre du jury du FIFM
19/11/2025 - 22:09
SNRTnews
Réalisateur, scénariste et artiste visuel d’origine brésilienne et algérienne, Karim Aïnouz s’est imposé depuis plus de deux décennies comme l’une des voix les plus inventives, sensibles et politiquement affûtées du cinéma contemporain. Son œuvre, toujours guidée par un langage visuel audacieux et une esthétique sensorielle, se distingue par une exploration intime de l’identité, des mémoires individuelles et collectives, et des transformations sociales qui façonnent les existences.
Né à Fortaleza d’un père algérien et d’une mère brésilienne, Aïnouz porte en lui un héritage métissé qu’il transforme en un territoire créatif fertile. Cette double appartenance nourrit son regard, à la fois ancré dans les réalités sud-américaines et ouvert aux histoires du monde arabe. Son cinéma se déploie comme un espace de passage, où les corps, les villes et les émotions deviennent les témoins d’une quête de liberté, de réparation et d’affirmation.
Sa reconnaissance internationale éclate en 2002 avec Madame Satã, premier long métrage présenté en première mondiale dans la section Un Certain Regard au Festival de Cannes.
Dès ce film, Karim Aïnouz affirme sa signature : une caméra qui frôle la peau, une narration habitée par la fureur de vivre, et une attention rare portée à ceux que le cinéma montre trop peu.
Depuis, il n’a cessé de déployer une œuvre marquante, composée de fictions, de documentaires et d’installations artistiques, toutes traversées par une même obsession : la capacité des êtres à se transformer face aux fractures de leur époque.
Parmi ses œuvres les plus personnelles figure Marin des Montagnes, documentaire autobiographique présenté à Cannes, dans lequel le cinéaste remonte le fil de son histoire familiale, reliant les continents et les mémoires à travers une écriture filmique poétique et délicatement politique.
Avec Nardjes A., projeté à la Berlinale, il ancre son regard au cœur du mouvement Hirak en Algérie, suivant une jeune militante dans les rues d’Alger lors d’une journée de mobilisation. Le film témoigne de son talent unique pour capter l’énergie d’un moment historique tout en préservant la dimension profondément humaine de ses protagonistes.
Ces dernières années, Karim Aïnouz s’impose parmi les habitués de Cannes : La Vie invisible d’Euridice Gusmão, lauréat du Prix Un Certain Regard, salue son talent pour raconter l’invisible et filmer la résilience féminine avec une sensibilité rare. Puis viennent Le Jeu de la Reine et Motel Destino, deux films présentés en Compétition officielle pour la Palme d’or, confirmant une fois encore son audace narrative et son inventivité visuelle.
Artiste complet, Aïnouz est aussi reconnu pour ses installations expérimentales, dans lesquelles il explore d’autres formes de narration, toujours à la recherche de nouveaux modes de perception. Sa démarche hybride, entre cinéma, arts visuels et documentaire, fait de lui une figure singulière, à la croisée de plusieurs traditions artistiques.
membre du jury du Festival international du film de Marrakech, Karim Aïnouz va apporter une sensibilité cosmopolite, profondément humaine et résolument contemporaine. Son regard, façonné par les marges, la mémoire et les mouvements sociaux, promet d’enrichir les délibérations et de célébrer à Marrakech les films qui osent, transforment et bousculent.
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