Société
La rançon sauve trois jeunes de l’enfer des camps de Myanmar… d’autres familles attendent des nouvelles de leurs proches
21/06/2024 - 22:14
Youness Oubaali | Khaoula Benhaddou
Tout comme les premiers marocains libérés des camps de Myanmar, trois jeunes hommes ont pu quitter les centres de détention cette semaine après que leurs familles aient payé environ 10 millions de centimes de rançon chacun. Si ces jeunes ont été chanceux de sortir de cet enfer, d’autres familles attendent toujours des nouvelles de leurs enfants.
Après un séjour douloureux dans les camps de Myanmar, trois jeunes marocains, ont pu finalement rejoindre la mère patrie après que leurs familles aient payé une rançon.
Contacté par SNRTnews, le père d’un jeune a précisé que son fils âgé de 25 ans a été libéré en contrepartie d’une rançon de 10 millions de centimes.
Séquestré pendant 3 mois dans les camps de Myanmar, ce jeune a réussi tant bien que mal à échapper à la torture physique en exécutant les ordres de ses supérieurs et en réalisant toutes les tâches demandées. Son assiduité dans le camp lui a également permis de garder son téléphone et de rester en contact avec son père.
Toujours selon le père du jeune libéré, les négociations pour sa libération ont démarré depuis longtemps. Elles se déroulaient par l'intermédiaire d'organisations birmanes et thaïlandaises qui avaient la possibilité de communiquer directement avec les rebelles et les soldats contrôlant les camps.
Le père du jeune libéré n’a pas omis de souligner le rôle important du consulat du Maroc en Thaïlande. "Les responsables ont travaillé d’arrachepied pour libérer ces jeunes hommes, et sont toujours mobilisés pour libérer les autres otages. L’intervention est difficile car la région qui se trouve dans la frontière est contrôlée par des rebelles et des soldats armés, ce qui nécessite l'intervention de généraux et d'organisations internationales pour servir de médiateur".
Et de poursuivre "lorsque mon fils a été libéré, il a séjourné dans des hôtels de la capitale thaïlandaise pendant environ un mois. Le consulat a continué de surveiller sa situation avant son retour à Marrakech".
Le même chemin vers l'enfer
Comme les autres jeunes qui se trouvent dans ces camps d’enfer, ce jeune homme a été contacté par un de ses amis qui l’a convaincu d’accepter une offre d’emploi alléchante.
Ce jeune homme a vécu le même scénario que les autres jeunes en embarquant dans un avion à destination de la Malaisie puis la Thaïlande. "Il était accompagné de 13 autres personnes, dont quatre ont été libérées alors que les autres sont toujours séquestrés", souligne le père de famille avant d’ajouter "quand il est parti, 25 autres allaient les rejoindre, mais nous les en avons empêchés, car nous ne pouvions pas les laisser souffrir à leur tour. Mon fils m’appelait et me décrivait les atrocités qui se passaient sur place. Je l'ai donc exhorté à faire tout ce qu'ils lui demandaient pour éviter toute torture et pourtant il n'a pas été épargné par les chocs électriques".
Le père de famille a expliqué que celui qui a recruté son fils y travaille actuellement, en compagnie de son frère qui l'a rejoint, soulignant qu'il y a des Marocains qui en attirent d'autres en échange de leur libération ou pour recevoir des récompenses financières.
Dans ce contexte, il a confirmé avoir porté plainte auprès des autorités et a raconté aux enquêteurs en détail ce qui est arrivé à son fils et comment il a été recruté. Il n'a pas exclu la présence au Maroc de personnes impliquées dans le processus de recrutement; "mon fils était ravi d'y aller pour suivre le pas de certains influenceurs. Il voulait, comme eux, gagner de l’argent grâce au commerce électronique... Certes il a gagné beaucoup d’argent grâce à ce travail, mais cet argent est resté sur place…".
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