Société
Le CNDH apporte des précisions sur les "développements graves" liés au sit-in sur un haut château d’eau
13/07/2025 - 15:08
SNRTnews
Le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) a exprimé son regret face aux développements graves survenus récemment lors du sit-in de "B.Z." sur le sommet d’un château d’eau, et a souhaité un rétablissement rapide pour l’élément de la protection civile "Ch.Y." agressé sur les lieux, ainsi que pour le gendarme "B.A." et pour "B.Z." lui-même, espérant qu’ils sortent tous de la zone de danger.
Sur sa page officielle sur Facebook, le Conseil a indiqué que, sur instruction de sa présidente, la commission régionale des droits de l’Homme de Béni Mellal-Khénifra a poursuivi ses efforts pendant toute la durée du sit-in de "B.Z." sur le château d’eau situé à Douar Oulad Abou, commune d’Oulad Youssef, cercle de Kasba Tadla, pour le convaincre d’y mettre fin.
Dans le cadre de ce suivi, l’équipe de la commission régionale se rendait quotidiennement sur le lieu du sit-in, et a communiqué à plusieurs reprises avec "B.Z."
Selon le CNDH, certaines de ses revendications et besoins essentiels (alimentation, eau…) ont été satisfaits, tout en continuant à tenter de le convaincre de mettre fin à son action, notamment au vu de la dangerosité d’un sit-in à une telle hauteur.
La commission régionale a également reçu, le 1er juillet, la sœur de "B.Z.", qui lui a demandé d’intervenir pour parler à son frère et le convaincre d’arrêter le sit-in.
Dans le même élan, la commission a tenu une réunion avec le Wali de la région Béni Mellal-Khénifra, puis une autre avec le Procureur du Roi près le tribunal de première instance de Kasba Tadla pour examiner les revendications de "B.Z.", notamment celle de la réouverture de l’enquête sur la mort de son père en 2019. Le procureur avait exprimé sa volonté de réexaminer l’affaire dans le cadre des procédures judiciaires en vigueur.
Le Conseil a précisé que "B.Z." avait initialement accepté de mettre fin à son sit-in après avoir reçu plusieurs garanties à la suite de l’intervention de la commission, qui s’était également proposée d’accompagner l’ouverture de l’enquête judiciaire sur ses allégations. Mais il est revenu sur sa décision et a choisi de poursuivre son action.
Le CNDH et sa commission régionale ont salué la coopération et l’interaction des autorités locales avec leurs propositions, espérant qu’elles auraient permis une issue favorable, répondant ainsi aux souhaits de la mère et de la sœur de "B.Z." de préserver sa sécurité et celle des riverains.
Ils ont exprimé leur profond regret quant à l’évolution des événements, tout en annonçant leur intention de continuer à suivre l’état de santé de "Ch.Y." (protection civile), "B.A." (gendarmerie) et "B.Z.", et d’accompagner leurs familles dans cette épreuve difficile.
Par ailleurs, le Conseil a alerté sur la dangerosité de la diffusion continue de vidéos choquantes documentant ces moments critiques et douloureux. Il a déploré que ces événements aient été diffusés en direct sur les réseaux sociaux par des personnes présentes autour du lieu du sit-in ainsi que par certains sites internet, sans aucun avertissement ni précaution, ni considération pour les conséquences futures sur les individus concernés, leurs familles ou la société dans son ensemble.
Le Conseil a souligné que ces séquences, publiées sans avertissements et sans précautions nécessaires, comme cela devrait être le cas dans le journalisme professionnel, ne respectent pas la dignité humaine. Elles ne servent pas forcément l’intérêt général, et peuvent, même involontairement, favoriser une banalisation de la violence, voire reproduire la douleur et la souffrance à grande échelle.
Il a rappelé le rôle fondamental des médias professionnels fondés sur une éthique journalistique, et a appelé à la nécessité de promouvoir une culture des médias et une culture de l’"éthique digitale" face aux dérives potentielles de la sphère digitale.
Le Conseil a conclu en affirmant que quelle que soit l’intention, tout ce qui est filmé ne devrait pas nécessairement être publié et qu’il ne faut pas oublier que la caméra peut parfois se transformer, d’un outil de documentation en instrument d’atteinte à la dignité humaine.
La liberté de publier ne signifie pas, selon les terme du CNDH, la diffusion de tout contenu choquant, sans le minimum de responsabilité éthique en matière de diffusion.
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