Politique
Le modèle marocain de gouvernance: une ambition avant-gardiste dans un monde en mutation
29/04/2025 - 18:06
Mohammed Fizazi
Dans son Rapport Stratégique 2024-2025, l’Institut Royal des Études Stratégiques (IRES) met en lumière l’ambition du Maroc de construire un modèle de gouvernance singulier et avant-gardiste, à l’heure où le monde traverse de profondes mutations. Fondé sur les constantes nationales et la Vision éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, ce modèle se veut une réponse cohérente et adaptée aux défis contemporains, tant au niveau national qu’international
Selon le rapport, la gouvernance marocaine repose d’abord sur la prééminence du citoyen. L’État marocain, indique le rapport, entend mettre ses institutions pleinement au service des citoyens, en favorisant leur participation active à la vie publique, en rapprochant l’Administration du terrain et en valorisant les actions concrètes et mesurables. Cette approche vise à rétablir et renforcer la confiance des citoyens dans les institutions publiques, un enjeu majeur dans un contexte global de défiance généralisée.
La construction d’un nouveau paradigme marocain représente un autre axe majeur du modèle. Le rapport insiste longuement sur la nécessité de réformer le secteur public, de refonder la gouvernance territoriale et de systématiser les pratiques en matière de droits de l’Homme. Ce nouveau paradigme s’appuie sur une vision intégrée du développement, articulant réforme administrative, projet social cohérent et modernisation du système judiciaire. Le Maroc entend ainsi se doter d’un cadre de gouvernance efficient, souple et respectueux des principes démocratiques, en rupture avec les schémas classiques inadaptés aux réalités locales.
Face aux multiples vulnérabilités économiques et sociales, le Maroc privilégie le développement comme réponse à l’adversité. Le rapport souligne la stratégie marocaine d’investissement massif dans les infrastructures, les énergies renouvelables et les hubs logistiques. L’objectif est de renforcer la compétitivité du Royaume, de valoriser son capital immatériel et d'asseoir une croissance inclusive. Cette approche s'inscrit dans une logique de résilience économique mais aussi d'affirmation stratégique sur l’échiquier régional et continental.
L’ancrage du principe de solidarité est également mis en exergue, bien que traité de manière plus concise. La gouvernance marocaine se veut inclusive, en s’efforçant de corriger les déséquilibres territoriaux et sociaux. Il s’agit d’instaurer une équité réelle, condition essentielle pour consolider la cohésion sociale et éviter les tensions internes, dans un contexte mondial où les inégalités constituent un facteur de déstabilisation majeur.
Le rapport consacre aussi une attention importante au souci des générations futures. L’IRES rappelle que la préservation du capital humain, notamment à travers l’éducation, la promotion du rôle des femmes, la réforme du champ religieux et l’adaptation aux mutations sociales et migratoires, est une composante structurante du modèle marocain. Ce pilier traduit une volonté d’anticipation sur le long terme, loin des logiques de gestion à court terme.
Enfin, la conscience écologique traverse transversalement l’ensemble du modèle. Le Maroc, déjà reconnu pour son leadership en matière de lutte contre le changement climatique, inscrit la protection de l’environnement et la gestion durable des ressources au cœur de sa gouvernance nationale. Il ne s’agit pas seulement de préserver un capital naturel mais aussi d’assurer la sécurité et la viabilité du développement futur.
Au niveau international, le Maroc défend une doctrine affirmée de gouvernance mondiale. Selon l’IRES, le Royaume appelle à une refonte profonde du système multilatéral actuel, jugé obsolète face aux défis globaux. Il promeut un multilatéralisme plus juste, plus inclusif et respectueux des diversités culturelles. À travers cette position, le Maroc se positionne non seulement comme acteur régional majeur mais aussi comme contributeur actif à la refondation de la gouvernance planétaire.
Le modèle marocain esquissé par le rapport de l’IRES propose une gouvernance consciente des enjeux systémiques mondiaux, capable d’articuler développement économique, inclusion sociale, respect des droits fondamentaux et préservation environnementale. À travers cette approche, le Maroc ambitionne non seulement de renforcer sa propre résilience, mais aussi de devenir un acteur de référence dans l’édification d’une gouvernance planétarisée adaptée au monde du XXIᵉ siècle.
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