Société
"molnupiravir": quelles indications thérapeutiques?
09/01/2022 - 09:30
Aïcha Debouza
En se classant parmi les premiers pays à avoir autorisé le nouveau médicament anti-Covid "molnupiravir", le Royaume continue de confirmer sur le plan international, sa bonne gestion de la Covid-19. En optant pour ce médicament, il se démarque par son approche anticipative et proactive. Mais quelles sont les spécificités de ce traitement anti-Covid?
Pris par voie orale, le molnupiravir est un traitement antiviral, sous forme de comprimé pouvant être un remède efficace pour le traitement ainsi que la prévention de l’infection causée par le coronavirus. Du fait de son utilisation à domicile et l’efficacité de son action démontrée sur les essais cliniques de phase III, ledit médicament est susceptible de réduire de moitié les décès et hospitalisations dans le cadre d’une infection liée à la Covid-19. Sa commercialisation n’a été autorisée qu’à partir du début décembre 2021 par l’Agence américaine du médicament (FDA), après avoir fait l’objet d’une longue étude.
Cet analogue nucléosidique a pour cible thérapeutique, la réplication du virus dont la structure est très similaire à la ribonuléoside cytidine normale. Une substance active contenue dans le molnupiravir, la β-D-N-hydroxycytidine (NHC) se substitue à la cytidine naturellement utilisée par l'ARN polymérase comme élément constitutif dans la synthèse d'ARN. Cette substitution engendre des erreurs de copie délétères à la réplication du virus, lit-on dans la fiche thérapeutique du Centre de virologie, des maladies infectieuses et tropicales (CVMIT), parvenue à SNRTnews.
En d'autres mots, le médicament diminue la capacité du coronavirus à se multiplier en augmentant le nombre de mutations dans son matériel génétique. Comment? Le SARS-CoV-2 est un virus à ARN comportant un très gros génome par rapport à d'autres virus de ce type tel que le virus de l'hépatite C. Pour sa multiplication, il a besoin d'une enzyme l'ARN polymérase qui participe à la synthèse de nouvelles molécules d'ARN viral. Dans le cas du SARS-CoV-2, l'ARN polymérase a évolué vers une vitesse de synthèse 10 fois supérieure à celles rencontrées habituellement dans ce type de virus qui s'accompagne d'une perte de précision dans la transcription.
Cette particularité, décrite comme la faille du virus, qui a induit un nouveau concept d'antiviraux: tromper l'enzyme en lui faisant synthétiser un code génétique erroné, stoppant par là-même, la multiplication du virus. Et c’est là qu’intervient le molnupiravir.
Indications thérapeutiques
Le molnupiravir (gélules de 200 mg) est indiqué dans le traitement de la maladie de la Covid-19, légère à modérée chez les adultes avec un test de diagnostic SARS-COV-2 positif et qui présentent au moins un facteur de risque de développer une forme grave. Il s’agit surtout des personnes âgées de 65 ans et plus, souffrant de pathologies cardio-vasculaires, du diabète non équilibré ou compliqué, de pathologies respiratoires chroniques, d’insuffisance rénale chronique dialysée, d’obésité ou encore de cancer évolutif, etc.
"Il est d’autre part, contre-indiqué pendant la grossesse et l’allaitement (l’allaitement est contre-indiqué pendant le traitement et pendant quatre jours après la dernière dose). Mêmes indications pour les femmes en âge de procréer: elles doivent utiliser une contraception efficace pendant toute la durée du traitement ainsi que pendant quatre jours après la dernière dose du molnupiravir", lit-on dans la fiche thérapeutique du CVMIT.
Selon le même document, chez l’homme, l’abstinence ou l’utilisation d’une contraception est recommandée pendant trois mois de la dernière prise du molnupiravir.
Par ailleurs, seuls les adultes de plus de 18 ans peuvent en consommer car la sécurité et l’efficacité du comprimé chez les patients de moins de cet âge n’ont toujours pas été établies. La dose recommandée est de 800 mg, soit quatre gélules de 200 mg, par voie orale toutes les 12 heures pendant cinq jours. Il pourra par contre causer des effets indésirables tels que le vertige, les maux de tête, la diarrhée, les nausées, les vomissements et rarement du rash ou encore de l’urticaire. Dans ce cas, il est fortement recommandé de consulter son médecin traitant dans le plus bref des délais.
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