Société
Les Marocains consultent un médecin 0,65 fois par an
20/04/2022 - 22:00
Imane Benichou
L’accès du Marocain aux services médicaux révèle "un aspect de déficience", selon un rapport du Médiateur pour la démocratie et les droits de l’Homme.
Le citoyen marocain ne bénéficie annuellement que d'environ 0,65 consultations médicales et 0,83 consultations paramédicales, révèle un rapport de suivi et évaluation de la politique de santé au Maroc pour deux mandats gouvernementaux 2012-2016 et 2017-2021, réalisé par le Médiateur pour la démocratie et les droits de l’Homme.
Font l’exception, la région de Guelmim-Oued Noun où le Marocain consulte le médecin 1,09 fois contre 1 au niveau de la région de Fès- Meknès. "Tous restent, en tout cas, des taux faibles", souligne-t-on dans le rapport, qui précise que l'indicateur du nombre de consultations pour 10.000 habitants révèle "un aspect de déficience qui caractérise l'accès aux soins au Maroc, en général, et au niveau territorial, en particulier".
La moyenne nationale des consultations spécialisées ne dépasse pas 918,25 consultations pour 10.000 habitants non hospitalisés au cours de l'année 2019, soit 0,91 consultations spécialisée par personne, ce qui révèle "une faiblesse inquiétante quant à l’accès à ce type de services de soins". Le taux le plus élevé est enregistré dans la région de Laâyoune-Sakia El Hamra, avec environ 1.365,74 consultations spécialisées pour 10.000 personnes en 2019.
Soins d’urgences médicales
Au niveau national, on dispose de 89 unités d’urgences médicales de proximité. Au niveau des urgences pré-hospitalières, 1.079 ambulances, 86 ambulances médicales d'urgence et 4 hélicoptères d’urgence médicale sont à la disposition du citoyen marocain. Au niveau des urgences médico-hospitalières, 138 unités existent avec une capacité litière de 992 lits pour les soins d'urgence et 557 lits pour la réanimation.
"Cette structure est répartie de manière inégale entre les régions, ce qui perpétue la situation d'injustice spatiale dans l'accès aux services d'urgence médicale, malgré que ce type de services constitue la première destination de santé pour le patient", rapporte le Médiateur.
L'offre de soins d'urgence médicale est "faible", indique le rapport, "un constat que le ministère de la Santé confirme aussi, qui a reconnu que l'offre de soins d’urgences médicales souffre de nombreuses faiblesses". Le ministère de la Santé a en effet évoqué le manque de ressources humaines dans divers types de services d'urgence, notant que plusieurs unités d'urgence médicale de proximité qui ont été créées et équipées pour prendre en charge des cas urgents n'ont pas été opérés faute de moyens humains. Une situation qui affecte également, selon le ministère de la Santé, les services hospitaliers, qui manquent de moyens humains en plus de la vétusté des infrastructures et du retard dans la mise en œuvre des contrats.
Pour ce qui est du transport des soins d’urgences médicaux par hélicoptère et ambulance, bien qu'il constitue un facteur déterminant dans l'amélioration des services d'urgence médicales, il se heurte à un budget faible, à une insuffisance des ressources humaines, à la rareté des prestataires de services relatifs aux hélicoptères, ainsi qu’à certaines normes techniques liées au transport aérien. "Autant de questions qui augmentent les difficultés d'accès aux services médicaux d'urgence", fait savoir le Médiateur.
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