Société
L’être humain : une espèce en voie d’extinction ?
24/03/2024 - 11:27
Khaoula Benhaddou
La fécondité baisse d'une manière alarmante dans le monde. Cette information connue depuis plusieurs années vient d’être confirmée par une étude publiée ce mercredi 20 mars dans la revue scientifique The Lancet. Voici les détails
Les spécialistes sont intransigeants ! La population vieillie et le taux de fécondité enregistre une chute plus rapide que prévu.
A en croire une étude publiée dans la revue The Lancet, l’indice de fécondité moyen pourrait se situer, en 2050, autour de 1,8 enfant par femme à l’échelle de la planète, soit au-dessous du seuil de renouvellement de la population.
Ce chiffre vient contredire les données des Nations unies de 2022 selon lesquels le nombre moyen d’enfants par femme serait de 2,1 en 2050.
Issue du projet collaboratif international Global Burden of Disease (GBD) et pilotée par l’Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME), cette étude précise que l’indice de fécondité moyen pourrait même chuter à 1,6 enfant par femme à la fin du siècle.
En se basant sur l’analyse de l’évolution de la démographie mondiale entre 1950 et 2021, les chercheurs précisent qu’au cours des soixante-dix dernières années, le taux de fécondité a été divisé par plus de deux, passant de 4,8 enfants par femme en 1950 à 2,2 en 2021.
Si la majorité des pays européens et asiatiques enregistrent un déclin inquiétant de la fécondité, l’Afrique subsaharienne demeure selon les chercheurs, la grande région du monde dynamique pour une grande part du siècle en cours.
Ainsi, les chercheurs s’attendent à ce qu’en 2100 des pays comme la Somalie, les îles Tonga, le Niger, le Tchad et le Tadjikistan se maintiennent au-dessus du seuil de renouvellement des populations.
Le Bhoutan, le Népal, le Bangladesh ou encore l’Arabie saoudite pourraient quant à eux voir leur indice de fécondité passer au-dessous d’un enfant par femme.
En tirant la sonnette d’alarme, les spécialistes précisent que cette chute de naissances va certainement remodeler la société lors des prochaines décennies et aura des répercussions sur l’économie mondiale et l’équilibre international.
Quid du Maroc?
Selon une note du HCP publiée en mars 2023 à l’occasion de la journée de la femme, l’indice de fécondité est passé de 2,1 enfants par femme en 2020 à 2,07 en 2022.
Sans grande surprise, les citadines font moins d’enfants que les femmes dans le rural avec1,89 contre 2,4. L’âge moyen à la maternité pour les femmes âgées entre 15 et 49 ans est de 29,1 ans au niveau national (29,5 ans en milieu urbain contre 28,5 ans dans le rural).
Une ancienne note du HCP précise que depuis le début des années soixante la fécondité a considérablement baissé. Elle est passée de 7,20 enfants par femme en 1962 à 3,28 en 1994, à 2,47 en 2004 et à 2,19 en 2010 et a connu une faible hausse, passant à 2,20 enfants par femme en 2014, soit pratiquement une stagnation.
En milieu rural, la fécondité a baissé de 6,91 en 1962 à 4,25 en 1994, ensuite à 3,06 en 2004, puis à 2,70 en 2010 et à 2,55 en 2014. Tandis qu’en milieu urbain, elle a baissé respectivement de 7,77 à 2,56, puis 2,05 et 1,80 avant une légère reprise, à 2,01 enfants par femme, enregistrée en 2014.
Vieillissement de la population
Selon les données du HCP publiées en octobre 2023, le Maroc, à l’instar d’autres pays, est en voie de parachever sa transition démographique marquée par un vieillissement progressif de sa population.
La part de la population âgée de 60 ans et plus ne cesse de croître, passant de 9,4 % en 2014 à 12,7 % en 2023 et devrait atteindre 23,2 % en 2050.
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