Société
Maroc: une production scientifique "relativement modérée"
13/04/2022 - 00:22
Lina Ibriz
Pour son développement, le Maroc mise gros sur la recherche scientifique et l’innovation. La production scientifique au Maroc, quant à elle, reste malheureusement loin de répondre aux aspirations. C’est ce qui ressort du dernier rapport établi par l’INE-CSEFRS. Données.
L’Instance nationale d’évaluation auprès du Conseil supérieur de l’Éducation, de la formation et de la recherche scientifique (INE-CSEFRS) a publié, ce mardi 12 avril 2022, la version finale de son rapport d’évaluation sur «La recherche scientifique et technologique au Maroc: analyse évaluative», présenté la semaine dernière. Mettant la lumière sur les défaillances de gouvernance et de financement du secteur de la recherche scientifique, le rapport souligne, en outre, les limites de la production scientifique au Maroc.
Une production scientifique en croissance, mais relativement modérée
Sur une période de trois décennies, allant de 1988 à 2017, le corpus de publications du Maroc sur la base WoS (Web of Science) est estimé à un total de 45.911 publications, souligne l’INE. Cette croissance a tout de même connu une décélération entre les premières deux décennies de 1988 à 2007 et la troisième décennie de 2008 à 2017, "puisqu’elle a augmenté de près de 163% alors que celle entre la deuxième décennie et la dernière (2008- 2017) s’est établie à environ 134%", précise encore le rapport de l’INE.
En sus, la production scientifique au Maroc reste "relativement modérée" en comparaison avec d’autres pays. "Le Maroc, qui comptait environ le même nombre d’articles publiés que la Malaisie en 1998, a publié en 2017 plus de 5 fois moins que celle-ci. Par ailleurs, le Brésil enregistrait une croissance de 526% durant la même période sachant que son volume de production est de plus de 15 fois celui du Maroc en 2017", détaille la même source.
Prévalence des sciences de la santé
Il est à noter à cet égard qu’entre 2008 et 2017, 63,1% des publications scientifiques étaient des articles, 27,6% des actes, 2,7% des revues et 6,1% des éditoriaux. Quant aux disciplines, les sciences de la santé ont continué au cours des trois décennies (1988-2017) à s’accaparer de la part du lion. De même, la physique et les sciences humaines et sociales ont maintenu leurs poids tout au long des trois décennies.
En chiffres, le pourcentage des publications scientifiques relevant des "sciences de la santé oscillait entre 26 et 27% pour les trois périodes alors que celui de la physique se stabilisait aux alentours de 16%, tandis que le poids de la production scientifique en sciences humaines et sociales garde le cap à presque 2%", ressort-il de l’étude d’évaluation.
Prédominance de l’anglais
Il est par ailleurs à souligner que la part des publications indexées en sciences humaines et sociales dans l’ensemble de la production ne représente que 1,6% en 2017 et 1,38% durant la période 1988- 2017, alors qu’une grande part des recherches en arabe en sciences humaines et sociales n’est pas indexée, mais publiée sans comité de lecture. S’agissant des langues, l’étude enregistre la prédominance de l’anglais. "Un peu plus de 6 publications sur 10 étaient en anglais durant la décennie 1988-1997, tandis que près de 9 publications sur 10 le sont en anglais durant la décennie 2008-2017", note le rapport. En parallèle, seuls 13,5% des publications du Maroc durant la décennie 2008-2017 sont faites en langue française.
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