Technologie
MGE 2025: Fin d’une édition… mais la partie ne fait que commencer!
06/07/2025 - 22:29
Matar Bensalmia | Mohammed ChafiLe Morocco Gaming Expo a refermé les portes de sa seconde édition ce 6 juillet à Rabat, après cinq jours d’échanges, de compétitions et de découvertes autour d’un secteur en pleine effervescence.
Dans une déclaration à SNRTnews, Nissrine Souissi, directrice du Salon, et directrice du développement de l’industrie du gaming au Maroc au sein du ministère de la Jeunesse, la Culture et de la Communication, indique que cette édition marque un passage de la prise de conscience à l’action.
“L’objectif de cette deuxième édition est de créer une plateforme d’échange entre les acteurs locaux de l’industrie du gaming et les acteurs internationaux”, explique-t-elle, convaincue que le Maroc a désormais les cartes en main pour se positionner comme un hub continental. Et au cœur de cette stratégie, la jeunesse marocaine.
“Notre cible, c’est cette jeunesse très connectée, passionnée par l’univers du gaming, et qui parle couramment l’anglais. Ce sont trois forces qui peuvent vraiment permettre à nos jeunes de s’imposer dans cette industrie”, affirme-t-elle.
Pour appuyer cette ambition, le MGE a mis en lumière un vivier de talents locaux à travers un espace entièrement dédié aux entreprises marocaines du secteur. “Nous avons réuni dans un même lieu ces startups avec les fonds d’investissement et les opérateurs de financement, pour leur donner une chance réelle de concrétiser leurs projets de développement”, souligne Nissrine Souissi. Game design, programmation, marketing… toutes les étapes de la chaîne de valeur étaient représentées.
Car si l’enthousiasme est palpable, l’accompagnement reste indispensable. Le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication en a bien conscience. “Cette jeunesse est très passionnée mais elle a besoin d’un véritable accompagnement. C’est ce sur quoi travaille aujourd’hui le ministère”, assure-t-elle.
En témoigne le programme “Video Game Incubator”, lancé avec l’appui de l’ambassade de France au Maroc. Neuf startups y sont actuellement incubées, chacune bénéficiant d’un accompagnement sur mesure. “Nous faisons d’abord un diagnostic de chaque projet. Certaines manquent de gestion, d’autres peinent à commercialiser leur jeu, et pour certaines, il faut même revoir complètement la thématique. Mais les résultats sont très satisfaisants”, confie Nissrine Souissi.
D’autres partenariats, notamment avec la Corée du Sud, ouvrent des perspectives nouvelles. “Grâce à ces collaborations, les jeunes auront accès à une base de données de testeurs de jeux vidéo, ce qui est fondamental pour améliorer les prototypes, renforcer leur communauté… et attirer les investisseurs”, ajoute-t-elle.
Ce changement de paradigme, Nissrine Souissi l’observe aussi dans les mentalités. “Avant la première édition, beaucoup de parents pensaient que le gaming se limitait à la consommation. Or, cette consommation vient en dernier dans la chaîne de valeur. Ce que nous voulons, c’est transformer les jeunes de simples joueurs en producteurs de contenu vidéoludique”.
Un pari qui semble aujourd’hui en passe d’être gagné. “Le nombre de participants cette année, la présence de banques, absentes lors de la première édition, et l’implication des universités montrent que l’écosystème est en train de prendre forme. Certaines universités lanceront même des formations en gaming dès septembre 2025”.
A travers cette deuxième édition, le Morocco Gaming Expo a semé les graines d’une industrie marocaine du jeu vidéo, portée par une jeunesse talentueuse, des partenariats solides et une volonté politique affirmée. La partie ne fait que commencer.
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