Sport
Mondial 2026: les Lions de l’Atlas peuvent-ils revivre l’exploit ?
16/05/2026 - 16:20
Amine Oubaha
Après avoir marqué l’histoire au Qatar en devenant la première nation africaine et arabe à atteindre une demi-finale de Coupe du monde, le Maroc retrouve la scène mondiale avec de nouvelles ambitions. Mais cette fois, les Lions de l’Atlas ne surprendront plus personne.
Demi-finaliste historique de la Coupe du monde au Qatar, la sélection marocaine sera particulièrement attendue lors du Mondial qui débutera dans quelques semaines aux États-Unis, au Canada et au Mexique.
Avec un statut d’outsider assumé, les Lions de l’Atlas avaient surpris la planète football en 2022, jusqu’à terminer la compétition à une retentissante quatrième place mondiale. À l’époque, les hommes de Walid Regragui avaient abordé cette Coupe du monde si particulière, la première organisée dans un pays arabe, sans véritable pression.
Portée par une organisation défensive rigoureuse, des plans tactiques parfaitement exécutés et une force mentale remarquable, la sélection nationale avait déjoué tous les pronostics. La Belgique d’Eden Hazard et Romelu Lukaku, le Canada, l’Espagne de Luis Enrique puis le Portugal de Cristiano Ronaldo avaient tous chuté face à des Lions de l’Atlas conquérants, avant une élimination frustrante contre la France de Kylian Mbappé en demi-finale.
Mais entre 2022 et 2026, beaucoup de choses ont changé. Désormais installée parmi les nations respectées du football mondial, la sélection marocaine (8e mondial) ne bénéficiera plus de l’effet de surprise. L’équipe nationale a traversé plusieurs turbulences durant ces quatre années: une CAN ivoirienne décevante, des changements au sein du staff technique et une période de transition marquée par le départ de Walid Regragui puis l’arrivée de Mohamed Ouahbi, sacré champion du monde avec les U20 au Chili.
Pourtant, malgré ces changements, le statut de demi-finaliste mondial reste intact. Une bénédiction ou un poids supplémentaire à porter ?
Logés dans le groupe C, les Lions de l’Atlas débuteront leur parcours mondialiste face au Brésil le 13 juin, avant d’affronter l’Écosse le 19 juin, puis Haïti lors du dernier match de poules.
Des adversaires qui n’aborderont plus le Maroc avec le même regard. En 2022, le Maroc avançait dans l’ombre des grandes nations. Cette fois, les Lions seront attendus, étudiés et respectés. Chaque sélection préparera son match contre le Maroc avec prudence et d’attention tactique. Dans ce contexte, la gestion mentale du groupe pourrait devenir un facteur déterminant.
Hassan Moumen analyse le nouveau défi marocain
Cadre national et ancien sélectionneur du Maroc, Hassan Moumen a livré son analyse à SNRTnews: "En 2022, l’équipe nationale n’avait rien à perdre. Elle avait entamé la compétition sans pression. Après sa prise de fonction, Walid Regragui avait réussi à libérer mentalement les joueurs, notamment en réintégrant plusieurs cadres qui avaient connu des tensions avec Vahid Halilhodžić. Les joueurs se sont sentis libérés et ont tout donné pour surprendre leurs adversaires. Résultat: une demi-finale historique, avec des victoires contre la Belgique, l’Espagne et le Portugal."
Selon lui, le contexte est aujourd’hui totalement différent: "Cette Coupe du monde marque une nouvelle ère pour les Lions de l’Atlas. La perception des adversaires a changé et la sélection traverse une période de transition. Le premier défi sera mental. Les joueurs devront être préparés psychologiquement pour gérer les attentes et la pression."
L’ancien technicien marocain estime également que plusieurs éléments pourraient influencer le parcours du Maroc, notamment les cas d’Achraf Hakimi et de Nayef Aguerd. "Ouahbi devra trouver des solutions défensives solides et anticiper tous les scénarios possibles concernant Hakimi. Ces joueurs ont une influence énorme dans le vestiaire. Leur leadership renforce la cohésion et la confiance du groupe. Si Hakimi venait à manquer le Mondial, ce serait un coup dur pour l’équipe."
Hassan Moumen souligne aussi l’importance de la nouvelle génération appelée à intégrer progressivement l’effectif: "Il y aura un groupe renouvelé, composé de jeunes joueurs qui voudront prouver leur valeur et gagner leur place. Cela peut être un avantage. Ayoub Bouaddi, si son arrivée en sélection se confirme, pourrait offrir plusieurs options intéressantes au staff technique."
Sur le plan tactique, Hassan Moumen insiste enfin sur la nécessité d’une plus grande flexibilité : "Après la Coupe du monde 2022, le Maroc avait eu des difficultés contre des équipes regroupées en bloc bas. Mohamed Ouahbi est un entraîneur qui suit l’évolution tactique du football moderne. Il devra être capable de s’adapter à tous les scénarios. Face au Brésil, par exemple, on peut imaginer un Maroc davantage en défense, mais le football moderne exige de savoir changer rapidement d’approche. Avec des joueurs comme Hakimi ou Aguerd, capables de prendre des initiatives et de s’adapter à différentes situations, le Maroc doit possèder cette intelligence collective indispensable au très haut niveau".
À quelques semaines du coup d’envoi, une certitude demeure : le Maroc ne sera plus l’invité surprise du Mondial. Les Lions de l’Atlas avancent désormais avec un nouveau statut, celui d’une nation redoutée. Reste à savoir si cette étiquette sera un moteur supplémentaire…ou un fardeau à porter.
Articles en relations
Sport
Sport
Sport
Sport