Art & Culture
Nabil Lahlou n’est plus
07/05/2026 - 11:04
SNRTnews
Le monde culturel marocain est en deuil. Le réalisateur, dramaturge et acteur Nabil Lahlou s’est éteint ce jeudi 7 mai à l’âge de 81 ans, des suites d'une longue maladie, laissant derrière lui une œuvre profondément singulière.
La disparition de cette figure majeure de la scène artistique nationale a été confirmée à SNRTnews par sa fille, Maria Kenzi, qui a précisé que le défunt souffrait de problèmes de santé depuis quelque temps.
Les funérailles des défunts auront lieu au cimetière des Chouhada à Rabat, où il sera inhumé après la prière d'Al-Asr.
Considéré comme l’un des pionniers de la création artistique au Maroc, Nabil Lahlou a marqué plusieurs générations d’artistes et de cinéphiles. Défenseur d’un cinéma d’auteur libre et audacieux, il a contribué à forger une identité cinématographique marocaine affranchie des conventions, privilégiant l’expression personnelle, la satire et la réflexion critique.
Son parcours se distingue par une capacité rare à évoluer entre théâtre et cinéma, deux univers qu’il a nourris avec la même exigence artistique.
Parmi ses œuvres les plus emblématiques figure la pièce Jazirat Chakarbakrban, devenue une référence du paysage théâtral national pour son approche avant-gardiste et son langage singulier.
Né en 1945 à Fès, Nabil Lahlou découvre très tôt les planches avant de poursuivre sa formation à Paris à partir de 1964. Il y étudie le théâtre à l’École Charles Dullin ainsi qu’à l’Université du Théâtre des Nations.
En 1971, il rejoint l’Algérie où il enseigne le théâtre à l’école de Bordj El Kiffane et met en scène plusieurs pièces, dont Le Grand Moussem. De retour au Maroc en 1973, il s’investit dans la mise en scène théâtrale, tout en animant des pages culturelles dans la presse et en développant une intense activité cinématographique.
Il travaille également pour la télévision, réalisant notamment Le Possible de l’impossible (1975), adapté d’une nouvelle de Abdeljabbar Shaimi. Il porte aussi à l’écran certaines de ses propres pièces, comme Le Journal d’un fou (1978) et L’Empereur Schrich Matoury (1994).
Au fil des décennies, Nabil Lahlou s’est imposé comme une voix singulière, souvent en marge des circuits classiques, mais toujours fidèle à une vision artistique exigeante et engagée.
Avec sa disparition, le Maroc perd non seulement un créateur prolifique, mais aussi un intellectuel libre, dont l’œuvre continuera d’interroger, de nourrir la réflexion et d’inspirer les générations futures.
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