Economie
Oasis, un trésor qui vaut de l’or
18/02/2021 - 12:55
RACHID ABBAR
L’Association des enseignants des Sciences de la vie et de la terre au Maroc (AESVT-Maroc) vient de lancer le projet “ProGIRE” dans la finalité est de sauvegarder les Oasis.
Les terroirs issus des provinces du Sud respirent la fraîcheur des oasis qui offrent des produits dotés de saveurs aussi surprenantes les unes que les autres. Depuis des lustres, les habitants du sud marocain cultivent une tradition millénaire de mise en valeur des rares ressources naturelles de la région. Ces terroirs ont assuré aux nomades comme aux oasiens, pendant des siècles, les denrées qui suffisaient à couvrir leurs besoins, alimentaires, cosmétiques et autres. Aujourd’hui, ces terroirs fournissent des produits en quantité et en qualité requises pour éveiller l’intérêt de réseaux de distribution à grande échelle, grâce aux programmes de sauvegarde des oasis et de valorisation des terroirs.
Ressources rares
Des initiatives qui se sont multipliées au fil des années. La dernière en date est l’oeuvre de l’Association des enseignants des Sciences de la vie et de la terre au Maroc (AESVT-Maroc). Il s’agit d’un projet, dénommé «ProGIRE», lancé mercredi 17 février 2021 à Tata, qui vise la promotion de la gestion intégrée des ressources en eau en milieu oasien. Financé par l’Union européenne, ce projet qui concerne l’oasis Aguinane à Tata et l’oasis Ferkla à Errachidia, se propose de contribuer à la sauvegarde des Oasis du sud Marocain. Il s’agit de fédérer les acteurs pertinents autour d’une planification concertée et efficace de l’utilisation et de la valorisation de l’eau dans les zones urbaines et rurales en milieu oasien. D’une durée de trois ans, le projet s’articule autour de quatre axes stratégiques. Le premier point, le plus important, concerne l’élaboration d’un plan de gestion intégrée des sources d’eau. Le projet veut aussi créer un groupe de travail de jeunes entrepreneurs et de jeunes experts locaux. Les initiateurs de «ProGIRE» espèrent ainsi mettre en œuvre de solutions et de technologies adaptées pour pouvoir en tirer des conclusions stratégiques applicables à l’échelle territorial et national.
Approche
Une approche qui se veut novatrice, selon un communiqué de l’AESVT-Maroc. Car elle se base, comme l'écrit cette association, sur la création d’une vision intégrée de gestion des ressources en eau, la mise en cohérence des lois et pratiques de gestion portées par les instances coutumières, une large mobilisation et implication de toutes les parties prenantes dans le processus de planification et de prise de décision. Les Oasis sont des écosystèmes extrêmement vulnérables et menacés de disparition. Leur sauvegarde et le renforcement de leur résilience face au changement climatique sont devenus un enjeu majeur. Jusqu’à présent, les communautés oasiennes, détentrices de savoirs ancestraux, ont su apporter des réponses appropriées à travers la mise en œuvre d’une gestion adaptative. Face aux impacts conjugués des évolutions socioéconomiques, du milieu naturel et du changement climatique, ces mesures ne suffisent plus pour réduire la vulnérabilité des Oasis, estime l’association.
"Afin de préserver les oasis et sauver ce qui peut l’être, tous les acteurs étatiques et non étatiques locaux, nationaux et partenaires internationaux, sont appelés à accompagner la population des mesures urgentes, pour mener un travail complexe et de longue haleine, capable de renforcer le processus d’adaptation au changement climatique et de gestion durable et efficace des territoires oasiens, et des ressources hydriques en priorité", plaide l’AESVT-Maroc.
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