Société
Ondes et cancer: l’ANSES lève le doute… pour l’instant
26/11/2025 - 21:27
SNRTnews
Dans un rapport rendu public ce mercredi 26 novembre, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) en France a publié une mise à jour de son expertise sur les effets des ondes radiofréquences, notamment celles émises par les téléphones mobiles et les réseaux sans fil, sur le risque de cancer.
Au terme de l’examen d’un millier d’études récentes, l’agence conclut qu’"aucun lien de cause à effet" ne peut être établi pour le moment entre l’exposition aux ondes et l’apparition de tumeurs. Néanmoins, elle recommande de maintenir un usage mesuré des technologies sans fil, particulièrement chez les enfants.
L’impact des ondes radiofréquences sur la santé humaine a fait l’objet de plusieurs études scientifiques. Si certaines ont pointé du doigt ces ondes qui seraient la cause direct du cancer, d’autres ont écarté cette probabilité.
C’est le cas de l’ANSES qui depuis ses précédents avis, en 2013 pour les adultes, puis en 2016 pour les enfants, les chercheurs ont vu fleurir près de 1.000 nouvelles publications sur le sujet. Cancers, effets cellulaires, expérimentations chez l’animal: l’éventail des travaux est large. Pour son rapport 2025, l’agence a retenu environ 250 articles jugés les plus solides sur le plan méthodologique.
Parmi eux figurent des études épidémiologiques majeures comme "Mobikids", ainsi que des travaux expérimentaux issus du célèbre National Toxicology Program américain. Ces études ont examiné les effets à long terme et les mécanismes biologiques potentiels des radiofréquences. "Les études épidémiologiques n’apportent pas d’éléments probants sur l’apparition de cancers chez l’humain. Ainsi, la prise en compte de l’ensemble de ces nouvelles connaissances, associées aux précédentes données scientifiques, conduit à ne pas établir de lien de cause à effet entre l’exposition aux ondes et l’apparition de cancers. Cette conclusion repose sur les connaissances disponibles jusqu’en mai 2025 et n’exclut pas la possibilité que de futurs travaux apportent des éléments nouveaux." précise l’ANSES
Des signaux biologiques observés… mais pas de cancer
Selon l’Agence française de sécurité sanitaire, certaines études ont mis en évidence chez l’animal ou au niveau cellulaire des altérations biologiques, modifications de l’ADN, stress oxydatif, perturbations de certaines fonctions cellulaires, lorsqu’on les expose à des radiofréquences. Toutefois, ces effets sont souvent limités, parfois réversibles, et n’ont pas été corrélés à l’apparition de cancers chez l’homme.
Ainsi, malgré le volume impressionnant de données accumulées, les études épidémiologiques, c’est-à-dire celles menées chez des populations humaines, n’apportent pas d’"éléments probants" en faveur d’un sur-risque de tumeurs — qu’il s’agisse de gliomes, de méningiomes ou de tumeurs du nerf auditif.
L’ANSES précise néanmoins que ces conclusions reposent sur l’état des connaissances disponibles "jusqu’en mai 2025". Elle n’exclut donc pas que de futures recherches puissent, un jour, modifier cette évaluation.
Une technologie en pleine mutation et une exposition croissante
L’Agence précise que contexte a profondément changé depuis 2013. Aujourd’hui, 98 % des Français âgés de 12 ans et plus possèdent un téléphone mobile, et 91 % d’entre eux détiennent un smartphone.
De plus, l’usage a évolué : les appels vocaux, autrefois majoritaires, laissent place à l’écoute via haut-parleur, oreillettes ou casque, ce qui réduit l’exposition directe de la tête.
En revanche, le développement de la 4G et 5G, la multiplication des antennes relais et une utilisation croissante de données (vidéos, réseaux sociaux, objets connectés) ont pour effet d’accroître l’exposition générale de l’environnement aux radiofréquences — ce qui justifie, selon l’ANSES, une "vigilance continue".
Prudence recommandée surtout pour les plus jeunes
Malgré l’absence de lien démontré entre ondes et cancer, l’ANSES ne jette pas l’éponge. Elle appelle à un usage « raisonné » du téléphone portable, avec des recommandations explicites.
Ainsi, l’ANSES recommande de favoriser l’usage d’un kit mains-libres, le haut-parleur ou les oreillettes pour éloigner l’appareil de la tête.
Elle appelle également les utilisateurs à éviter les appels longs, notamment dans des zones de faible réception (où le téléphone émet plus fortement).
Ce n’est pas tout, l’agence recommande aux utilisateurs de ne pas porter le téléphone directement sur le corps (poche, poitrine, etc.) pendant une longue durée.
Ces précautions visent avant tout les enfants et les adolescents, populations potentiellement plus vulnérables.
Avec cette mise à jour de sa expertise, l’ANSES apporte un éclairage essentiel : non, les données scientifiques disponibles à ce jour ne permettent pas d’affirmer qu’un usage normal d’un téléphone portable provoque le cancer. C’est une bonne nouvelle, qui devrait rassurer de nombreux utilisateurs.
Pour autant, l’agence ne déclare pas le risque "nul": elle appelle à la prudence, notamment pour les enfants, et invite à ne pas baisser la garde, alors que les technologies sans fil continuent d’évoluer rapidement, modifiant l’exposition collective aux radiofréquences. À l’heure où smartphones, objets connectés et réseaux 5G se multiplient, le débat scientifique reste ouvert.
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