Economie
Perspectives économiques 2023 : entre croissance nationale et incertitudes mondiales
10/10/2023 - 13:38
Mohammed Fizazi
Selon une récente note de conjoncture émise par le Haut Commissariat au Plan (HCP), le paysage économique mondial traverse une période délicate avec un net ralentissement, tandis que l'économie nationale tente de tenir le cap avec des prévisions encourageantes pour le reste de l'année 2023.
Selon ladite note, l'économie nationale prévoit d'enregistrer une croissance de 2,4% au troisième trimestre 2023, principalement soutenue par l'augmentation de la valeur ajoutée du secteur agricole. Par ailleurs, les activités non agricoles progresseraient au même rythme. Cette dynamique devrait se poursuivre avec une croissance attendue de 2,6% au quatrième trimestre, favorisée par une reprise graduelle de la demande intérieure.
Pour sa part, l'économie mondiale continue de ralentir, notamment en raison du durcissement des politiques monétaires, d'une baisse du surplus d'épargne des ménages et d'une diminution des marges bénéficiaires des entreprises. Cette tendance est confirmée par les indices PMI des services qui montrent un recul continu depuis juillet 2023. L'économie des États-Unis, bien qu'ayant démontré sa résilience, devrait connaître une croissance de 1,9%, soit une baisse par rapport au trimestre précédent.
Les échanges commerciaux nationaux en berne
Le volume des exportations de biens et services est attendu en hausse de 2,6 %, contre 6,5 % au trimestre précédent. Parallèlement, les importations devraient diminuer de 1,4 %.Ce déséquilibre réduirait le déficit commercial, améliorant ainsi le taux de couverture des importations par les exportations à 56,8%.
La demande intérieure devrait pour sa part connaître une amélioration au troisième trimestre 2023, principalement en raison de l'augmentation des dépenses des administrations publiques. Toutefois, la consommation des ménages ne croîtrait que modestement, à 0,7 %, malgré la mobilisation accrue de l'épargne.
En ce qui concerne les investissements intérieurs, ils pourraient continuer à freiner la croissance économique nationale, avec une baisse attendue de 2,7% au troisième trimestre 2023. Ce déclin est attribué à la baisse des investissements des entreprises dans les secteurs industriels et certains services.
Ralentissement de l'inflation et stabilité du secteur agricole
Suite au ralentissement des prix mondiaux des matières premières, le taux d'inflation global est attendu à 4,7% pour le troisième trimestre, contre 6,8% au second trimestre et 8,1% l'année précédente à la même période. Cette baisse est principalement due à la diminution des prix des produits non alimentaires et à une moindre hausse des prix des produits alimentaires.
Selon la même note, le secteur agricole devrait connaître une amélioration de sa valeur ajoutée de 6% au troisième trimestre de 2023, principalement grâce à une hausse impressionnante de la production céréalière, estimée à près de 62% par rapport à 2022.
Parallèlement, les prix des légumes et des fruits frais ont enregistré des hausses respectives de 24,1% et 9,2% en juillet et août. Quant à la viande rouge, elle a connu une augmentation de 15,7% en raison des sécheresses successives ayant impacté l'élevage ces dernières années.
Les activités non agricoles devraient croître de 2,4% au troisième trimestre de 2023, contre 3,2% en début d'année. Cette évolution reflète un ralentissement du secteur des services, contrastant avec la dynamique observée ces deux dernières années. Le secteur de la construction, quant à lui, devrait enregistrer une croissance de 1,3% après six trimestres consécutifs de déclin, soutenu principalement par une amélioration des activités de travaux publics.
Compte tenu des données collectées jusqu'à la fin de septembre 2023, la croissance économique nationale est attendue à 2,4% pour le troisième trimestre de 2023, contre 2,3% au trimestre précédent.
Ralentissement continu des prêts à l'économie
Selon les projections, la masse monétaire connaîtra un ralentissement au troisième trimestre 2023, avec une croissance de +7,1% par rapport à +7,6% au trimestre précédent. Les besoins en liquidités bancaires subiront une légère réduction, en parallèle d'une diminution de la circulation monétaire. De son côté, la Banque centrale devra réduire le volume de financement aux banques. Par ailleurs, les actifs officiels de réserve augmenteront de 6%, stimulés par la hausse des emprunts publics sur le marché mondial.
Pendant la même période, on anticipera une poursuite du ralentissement des prêts accordés à l'économie, avec une croissance de +4,3%, par rapport à +4,6% au trimestre précédent. Cette tendance serait due à une réduction des prêts pour faciliter les opérations de trésorerie pour les entreprises et à un ralentissement des prêts destinés à la consommation des ménages.
Hausse des indicateurs boursiers
Le marché des actions devrait prendre une orientation positive au troisième trimestre de 2023, accompagnée d'un regain de confiance chez les investisseurs. Les indicateurs boursiers, stimulés par l'augmentation des valeurs de nombreuses entreprises cotées, montreraient une amélioration. Ainsi, l'indice Masi devrait connaître une croissance de +2,2% par rapport à une baisse de 3,6% au trimestre précédent.
En ce qui reste de l'année 2023, l'économie nationale devrait évoluer dans un contexte de récession continue de l'activité économique mondiale. Le PIB des États-Unis ne progresserait que de +1,4%, tandis que l'activité économique de la zone euro augmenterait de 1%. Les ménages devraient augmenter légèrement leur consommation avec une croissance attendue de 6,1% pour 2023, contre 6,6% en 2022.
Les prévisions de croissance pour le quatrième trimestre 2023 reposent sur l'hypothèse d'une reprise de la demande pour l'industrie chimique. Cependant, tout changement du marché qui entraînerait une réduction de cette demande pourrait avoir un impact significatif sur les perspectives de croissance, en particulier pour le secteur secondaire. De plus, la prise en compte totale des effets du tremblement de terre qui a frappé le royaume en septembre est un autre facteur crucial pour les prévisions.
Articles en relations
Economie
Economie
Economie
Economie