Economie
Comptes Régionaux 2021 : croissance économique et disparités régionales
05/09/2023 - 10:48
Mohammed Fizazi
Le Haut Commissariat au Plan a dévoilé les chiffres clés de l'économie nationale pour l'année 2021, marquée par une reprise significative après les impacts de la crise sanitaire.
Dans sa dernière note intitulée "Analyse des Comptes Régionaux pour l'Année 2021", le Haut Commissariat au Plan présente une vue d'ensemble de l'évolution de l'économie nationale au cours de l'année écoulée. Après une contraction de 7,2% en 2020 en raison de la crise sanitaire, l'économie nationale a enregistré une croissance soutenue avec un taux de 8% en 2021, affichant ainsi un PIB de 1244,9 milliards de dirhams.
Contribution Régionale à la Création de la Richesse Nationale
L'analyse des Comptes Régionaux met en évidence des disparités dans la croissance du PIB régional en 2021. Quatre régions se sont distinguées avec des taux de croissance supérieurs à la moyenne nationale (8%). Il s'agit des régions de Fès-Meknès (12,7%), Béni Mellal-Khénifra (10,4%), Tanger-Tétouan-Al Hoceïma (8,7%) et Marrakech-Safi (8,5%). En revanche, huit autres régions ont enregistré des taux de croissance inférieurs à la moyenne, allant de 4,2% à Guelmim-Oued Noun à 7,9% à .Casablanca-Settat.
Les chiffres révèlent que la région Casablanca-Settat demeure un pilier essentiel de l'économie nationale, contribuant à hauteur de 32,2% au PIB national. Les régions de Rabat-Salé-Kénitra et Tanger-Tétouan-Al Hoceïma ne sont pas en reste, générant respectivement 26,4% et 15,9% du PIB national. Par ailleurs, cinq autres régions ont contribué de manière significative, totalisant 33,5% de la richesse nationale. Ces régions comprennent notamment Fès-Meknès, Marrakech-Safi, Souss-Massa, Béni Mellal-Khénifra et l'Oriental.
Répartition des Secteurs d'Activité Économique
L'analyse des Comptes Régionaux détaille également la contribution de chaque région aux secteurs d'activité économique. les activités du secteur primaire (agriculture et pêche) ont représenté 12% du produit intérieur brut au niveau national. La contribution de ce secteur à la création de richesse a dépassé cette moyenne nationale dans la plupart des régions. Ainsi, la part des activités du secteur primaire dans le produit intérieur brut régional a atteint 25,3% dans la région de "Fès-Meknès", 24,5% dans la région de "Drâa-Tafilalet", 18,7% dans la région de "Dakhla-Oued Ed-Dahab", 18,4% dans les régions de "Béni Mellal-Khénifra" et "Souss-Massa", 15,4% dans la région de "Marrakech-Safi" et 14,3% dans la région de l'Est. En revanche, la région de "Casablanca-Settat" a enregistré la plus faible contribution, atteignant 4,8%.
Les activités secondaires (industrie manufacturière, mines, électricité, eau, assainissement, traitement des déchets, lutte contre la pollution, construction et travaux publics) ont représenté 25,8% du produit intérieur brut au niveau national en 2021. Quatre régions ont dépassé cette moyenne nationale, à savoir la région de "Casablanca-Settat" avec 37,4%, la région de "Laâyoune-Sakia El Hamra" avec 34%, la région de "Tanger-Tétouan-Al Hoceïma" avec 33,3% et la région de "Béni Mellal-Khénifra" avec 29,5%.
Les activités du secteur tertiaire (services commerciaux et non commerciaux) ont contribué à la création de plus de la moitié de la richesse nationale en 2021 (51,9%). Les régions de "Guelmim-Oued Noun", "Dakhla-Oued Ed-Dahab", "Rabat-Salé-Kénitra" et "Marrakech-Safi" ont montré des structures économiques largement dominées par les activités de services, dépassant largement la moyenne nationale avec des proportions respectives de 73,2%, 65,2%, 64% et 67,9%.
Les activités du secteur primaire sont restées concentrées en quelques régions, avec sept régions contribuant à environ quatre cinquièmes de la valeur ajoutée de ce secteur. Ainsi, les régions de "Fès-Meknès," "Rabat-Salé-Kénitra," "Casablanca-Settat," "Marrakech-Safi," "Tanger-Tétouan-Al Hoceïma," "Souss-Massa," et "Béni Mellal-Khénifra" ont contribué à hauteur de 83,8% à la création de la valeur ajoutée nationale du secteur primaire en 2021, comparé à 80,9% en 2020.
De plus, les activités du secteur secondaire étaient concentrées dans les régions de "Casablanca-Settat" et "Tanger-Tétouan-Al Hoceïma," contribuant à hauteur de 60,4% de la valeur ajoutée nationale du secteur en 2021, contre 61,7% en 2020.
Disparités régionales
Les chiffres mettent également en évidence des disparités régionales en termes de revenu par habitant. Le revenu intérieur brut par habitant s'est élevé à 35.104 dirhams en moyenne nationale en 2021. Cependant, cinq régions ont dépassé ce chiffre, avec la région Dakhla-Oued Ed-Dahab en tête (84.069 dirhams), suivie de Laâyoune-Sakia El Hamra (66.241 dirhams) et Casablanca-Settat (54.948 dirhams).
Pour leur part, les dépenses de consommation finale des ménages en 2021 ont atteint 751,5 milliards de dirhams au niveau national. Les régions de "Casablanca-Settat", "Rabat-Salé-Kénitra" et "Fès-Meknès" ont capté plus de la moitié de ces dépenses, soit 51,5%, avec des proportions respectives de 25,3%, 14,7% et 11,6%.
Pendant ce temps, les régions de "Tanger-Tétouan-Al Hoceïma" et "Marrakech-Safi" ont acquis 22,6% des dépenses de consommation finale des ménages, réparties respectivement à hauteur de 11,4% et 11,2%.
Quant aux sept autres régions restantes, elles ont contribué à environ un quart (25,8%) des dépenses de consommation finale des ménages, avec des parts variant entre 0,7% dans la région de "Dakhla-Oued Ed-Dahab" et 7,2% dans la région de "Souss-Massa".
Dans ces circonstances, les écarts dans les dépenses de consommation se sont creusés, avec une augmentation de la disparité moyenne absolue entre les dépenses de consommation finale des ménages pour différentes régions et la moyenne nationale des dépenses de consommation finale des ménages, qui est passée de 40,7 milliards de dirhams en 2021 à 36,4 milliards de dirhams en 2020.
Les chiffres présentés dans cette note du Haut Commissariat au Plan soulignent la reprise économique du Maroc en 2021 après les turbulences causées par la crise sanitaire. Toutefois, ils mettent également en évidence les défis persistants en termes de disparités régionales et de niveau de vie.
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