Société
Pluie d'hommages suite au décès d’Ahmed Hrezenni
14/11/2023 - 13:46
Khaoula Benhaddou
Décédé dans la nuit du lundi au mardi, l’ancien Président du Conseil consultatif des droits de l’Homme Ahmed Hrezenni a laissé un grand vide dans le cœur de ses proches et amis. Attristés par cette grande perte, plusieurs personnalités de la scène militante, intellectuelle et associative marocaine ont tenu de lui rendre hommage.
Militant, rigoureux, généreux et engagé… ce sont là quelques mots d’hommage de la part des amis et proches d’Ahmed Hrezenni qui s’est éteint des suites d’une longue maladie.
Décédé à l’âge de 75 ans, le défunt a été nommé en 2007 par SM le Roi Mohammed VI à la tête du Conseil consultatif des droits de l’Homme. Un poste qui est venu commémorer son parcours de militant et de ferveur défenseur des droits de l’homme.
Son compagnon et ami de tous les jours Driss Yazami, président du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger, n’a pas caché son émotion en rendant hommage au défunt : "c’est une grande perte pour nous tous ! Ahmed Hrezenni a joué un rôle essentiel dans l’histoire de la gauche marocaine. C’est une personnalité qui a procédé à une analyse critique de notre itinéraire puisque nous étions nombreux dans cette aventure" se souvient avec beaucoup de chagrin Driss Yazami et de poursuivre "le défunt a également marqué d’une manière emblématique les auditions de l’Instance Equité et Réconciliation. Son témoignage durant cette commission a été un moment marquant puisqu’il a travaillé pour une réconciliation qui ne passe pas par l’oubli, une réconciliation consciente des enjeux de l’histoire des droits de l’homme".
Le défunt a également lutté pour présenter le Conseil consultatif des droits de l’homme sur la scène africaine et mondiale comme une instance crédible et sérieuse "Ahmed Hrezenni a joué un rôle imminent au niveau de la scène des droits de l’Homme. C’était la 2e grande aventure de sa vie, j’ai eu l’honneur de lui succéder à la tête de l’Institution des droits de l’Homme en 2011 et il a fait de ce Conseil, après feu Driss Benzekri, une institution reconnue au niveau national et international" et d’ajouter "Il restera une figure marquante de la génération d’après l’indépendance sur le plan politique et des droits de l’Homme. Je crois que l’une de ses marques aussi était le lien entre le travail intellectuel et l’action militante. C’est une personnalité qui n’arrêtait pas de lire, d’écrire, de réfléchir et d’éclairer son action militante par ses lectures et par les références aux sciences humaines notamment".
Avant de conclure, Driss Yazami a tenu de souligner les qualités humaines du défunt : "c’était un homme rigoureux dans ses relations, avec un humour un peu retenu. Il avait ce regard et cette capacité d’autocritique permanente et de modestie dans l’action. Il avait aussi une intention extrême pour le monde rural qu’il connaissait parfaitement. Il avait un soucis des pauvres et des personnes dont on parle peu".
Pour sa part, Latifa Jbabdi militante et membre du Conseil National des Droits de l'Homme déplore la disparition d’un grand ami. "Ahmed Hrezenni était un grand homme et un ami de longue date. Il s’agit d’un militant qui a consacré sa vie pour la défense de la démocratie et des droits de l’Homme en général. En tant qu’ancien président du conseil consultatif des droits de l’homme et ambassadeur chargé des affaires des droits de l’homme, il a marqué la scène politique et militante marocaine" et d’ajouter "il avait des qualités humaines extraordinaires ! Sa mémoire restera gravée à jamais dans l’histoire du Maroc en tant que militant, responsable et homme d’Etat. C’est pour nous une grande perte".
Même son de cloche auprès du Secrétaire général du Conseil National des droits de l’Homme Mounir Bensalah : "comme toutes les personnes qui travaillent au sein du CNDH, je garde un très bon souvenir de l’ancien président Ahmed Hrezenni. Il était une personne qui donnait beaucoup, qui était dans le partage, qui prodiguait beaucoup de conseils, qui était toujours là et surtout un grand défenseur des droits de l’Homme du Maroc"
Pour sa part, l’ancien secrétaire général du CNDH Mohammed Sebbar regrette la disparition d’un grand homme de Droit : "Ahmed Hrezenni est un grand homme du militantisme marocain qui a marqué la scène nationale par ses positions depuis le début des années 90. Il était un fervent défenseur de droits de l’Homme connu par sa sagesse, sa gentillesse et sa clairvoyance. A part sa gentillesse, il savait écouter l’autre. Il respectait le point de vue des autres avec beaucoup de modestie et de délicatesse. Notre amitié date de plusieurs années et elle s’est renforcé lors de notre travail au CCDH".
Avec beaucoup de chagrin, le militant et Professeur de sociologie Mustapaha Merizek a tenu de rendre un vibrant hommage au défunt "le destin a fait que je perde mon cher Ami et professeur Ahmed Herzenni lors du 4e anniversaire de la disparition de mon fils Khalil. J’ai appris la nouvelle alors que je me recueillais sur la tombe de mon défunt fils. C’est une douleur indescriptible" et d’ajouter "J’ai connu M Hrezenni quand il était toujours en prison alors que j’étais encore étudiant. Je l’ai connu également après son retour de France alors qu’il était président du CCDH. Il était mon professeur, mon idole et mon ami. Je lui ai rendu hommage récemment au café littéraire à Meknès. Même après sa maladie, on est resté en contact. On s’est parlé quand il était en réanimation et il m’a même envoyé un message sur whatsapp il y a quelques jours. C’est une icône, une référence et un grand connaisseur de la politique, de l’histoire et des sciences humaines. Ses étudiants ont eu la chance de le fréquenter et de le connaitre de prêt. conclut avec beaucoup de tristesse Merizek.
A l’écriture de ses mots, la date d’enterrement du défunt n’a pas encore annoncée.
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