Société
Quads et voitures sur les plages: un danger qui menace les estivants
26/06/2025 - 19:39
Morad Karakhi
Chaque été, les visiteurs des plages marocaines revivent la même mésaventure: l’usage anarchique des espaces littoraux par les quads, les jet-skis, et même des voitures qui s’aventurent directement sur le sable
Cette situation ne se limite pas à troubler la quiétude des vacanciers, elle constitue un véritable risque pour leur sécurité, en particulier celle des enfants. Bien que la loi interdise l’accès des véhicules aux plages, le manque de contrôle et l’absence de sanctions dissuasives encouragent certains propriétaires à négliger la sécurité publique.
Dès le début de la saison estivale, une fillette a été percutée sur la plage de Sidi Rahal par un 4×4 qui avait envahi l’espace réservé aux baigneurs. Grièvement atteinte à la tête, la victime a dû être opérée en urgence, suscitant une vive réaction sur les réseaux sociaux.
Dans ce contexte, Moulay Ahmed Afilal, vice-président du conseil communal de Casablanca, déclare que l’intrusion des quads, des jet-skis et des voitures, ainsi que le dépassement par les conducteurs de jet-ski des zones qui leur sont assignées, provoquent un désordre récurrent qui met en péril la sécurité des estivants malgré les mesures déjà prises.
Afilal précise, dans une déclaration à SNRTnews, que les autorités locales, les services de sécurité et la commune de Casablanca érigent des barrières pour empêcher l’accès des véhicules aux plages et posent des panneaux d’avertissement. Des zones spécifiques sont également délimitées pour les jet-skis, et des patrouilles de surveillance sont organisées tout l’été.
De son côté, Mr Yassine Assila, avocat au barreau de Casablanca, rappelle que l’introduction ou le stationnement de véhicules sur la plage est interdit par la législation marocaine, en vertu de la loi n°81-12 relative au littoral.
Il souligne, dans une déclaration à SNRTnews, que l’article 33 de cette loi proscrit la circulation et le stationnement des véhicules sur les plages et sur les cordons dunaires.
Les sanctions prévues incluent des amendes pouvant atteindre 50.000 dirhams, la mise en fourrière des véhicules et le retrait du permis de conduire. Toutefois, ces sanctions ne sont pas appliquées systématiquement sur le terrain.
Selon Mr Assila, la persistance de ces comportements s’explique principalement par la faiblesse de la dissuasion : le montant des amendes n’est pas proportionnel aux dommages causés et le contrôle est parfois défaillant dans certaines zones.
Pour mettre fin à ces pratiques qui troublent la tranquillité des vacanciers et menacent leur sécurité, il recommande de renforcer la sensibilisation des usagers, d’intensifier la surveillance à l’aide de drones, de déployer des applications intelligentes permettant de signaler immédiatement les contrevenants, ainsi que de revoir les sanctions en les ajustant proportionnellement aux revenus des infracteurs afin d’atteindre l’effet dissuasif recherché.
Traduit par Youssef Belfaqih
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