Société
Un prédateur rare ayant vécu à Khouribga: une découverte fascinante vieille de 66 millions d’années
09/03/2026 - 21:05
Youness Oubaali
Dans les profondeurs des mines de phosphate de Khouribga, des fouilles ont mis au jour une ancienne créature marine datant de 66 millions d’années. Une équipe internationale de chercheurs a récemment levé le voile sur une découverte scientifique exceptionnelle dans la région de Sidi Chennane.
Cette découverte ne se limite pas à un simple ossement destiné aux musées : il s’agit de l’identification d’une nouvelle espèce de reptiles marins qui dominaient les océans à la fin du Crétacé, les mosasaures. Les scientifiques l’ont baptisée imelaki.
Le fossile a été découvert dans le bassin d’Oulad Abdoun, connu mondialement pour la richesse de ses dépôts marins contenant un grand nombre de fossiles.
L’étude a été réalisée par Nicholas Longrich, chercheur à l’Université de Bath au Royaume-Uni, et par Noureddine Jalil, du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris et de l’Université Cadi Ayyad de Marrakech.

Khouribga, autrefois un océan agité
Selon l’étude publiée dans la revue internationale Diversity, spécialisée dans les recherches sur la biodiversité, l’environnement et les écosystèmes, Khouribga faisait partie, à la fin du Crétacé, d’un bassin marin peu profond et riche en vie. La mer qui recouvrait la région constituait un espace de grande biodiversité, où les courants marins se croisaient et créaient un environnement idéal pour les prédateurs marins.
Les chercheurs ont constaté que l’« Imelaki » découvert était plus grand que les autres membres de sa sous-famille, les Halisaurinae, dont la taille varie généralement entre 4 et 5 mètres. Sa longueur dépasse 9 mètres, avec un crâne massif atteignant 1,25 mètre.
Il possède des dents de formes et de tailles variées : sa mâchoire inférieure compte environ 25 dents. Les dents antérieures ressemblent à des griffes recourbées, tandis que les dents postérieures sont triangulaires et droites.

Une espèce rare
L’étude souligne également la rareté de cet animal. Malgré l’extraction de centaines de milliers de fossiles dans les mines marocaines au cours des dernières décennies, un seul spécimen de cette espèce a été découvert.
Les scientifiques avancent deux hypothèses : soit cette créature était migratrice et ne traversait les eaux marocaines qu’à certaines périodes, soit elle représentait une espèce extrêmement rare dans l’écosystème de l’époque, d’autant que le Crétacé se distinguait par une grande diversité écologique.
Les chercheurs estiment enfin que l’« Imelaki » marocain était un véritable « monstre » ayant évolué pour affronter les prédateurs dans les profondeurs marines.
L’étude met également en évidence l’importance des dépôts phosphatés du Maroc, qui ont permis de révéler des indices rares sur l’existence de créatures peu communes comme imelaki, susceptibles d’aider les scientifiques à mieux comprendre la diversité de la vie marine et la place des espèces rares dans les écosystèmes anciens.
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