Economie
26 ans de vision éclairée: Des infrastructures au service du développement et de la connexion du Maroc au monde
29/07/2025 - 10:42
Khawla Znaizini
Depuis l’accession au trône de Sa Majesté le Roi Mohammed VI en juillet 1999, le Maroc s’est engagé sur une voie de développement fondée sur une vision stratégique globale. Cette vision a fait des chantiers d’infrastructures un pilier fondamental de l’essor économique et social, et un miroir des ambitions nationales visant à hisser le Royaume parmi les pays émergents
Les infrastructures ont constitué l’un des axes majeurs de cette transformation, à travers la modernisation des réseaux routiers, le développement des ports et aéroports, le renforcement des infrastructures numériques et énergétiques, en faisant aujourd’hui un pilier central de l’attractivité économique nationale et de son intégration continentale et internationale.
Rachid Sari, expert économique et président du Centre africain d’études stratégiques et de numérisation, affirme que le Maroc a adopté, depuis plus de vingt-cinq ans, une approche stratégique plaçant l’infrastructure au service de la justice territoriale, de l’encouragement à l’investissement et de la création d’emplois. Il souligne que chaque projet lancé visait à servir de grands objectifs de développement dans le cadre d’une vision intégrée et anticipatrice.
Les routes: artère du développement territorial et de la justice spatiale
Le Maroc a accordé une grande importance au réseau routier en tant que pilier essentiel de la mobilité des biens et des personnes, et moteur des dynamiques économiques locales.
La longueur du réseau autoroutier est passée de quelques centaines de kilomètres dans les années 1990 à 1800 km aujourd’hui, et celle des routes express dépasse 2177 km. Le réseau routier national atteint plus de 57.000 km, dont plus de 45.000 km sont asphaltés.
La voie express Tiznit–Dakhla, longue de 1055 km pour un coût de 9 milliards de dirhams, illustre l’orientation vers la réduction des disparités régionales et le raccordement des provinces du Sud au reste du Royaume. Ce projet revêt également une dimension stratégique au niveau du raccordement continental, notamment dans la perspective du nouveau port Dakhla Atlantique.
Selon Rachid Sari, le projet autoroutier ne visait pas seulement la réduction du temps de trajet, mais également la création d’une économie locale autour de ces axes, en attirant les investissements, en stimulant les chaînes de production et de services, et en assurant la connexion des réseaux routiers aux ports et aux zones industrielles pour renforcer la compétitivité à l’export.
Parmi les projets en cours figurent le triplement et l’élargissement des axes Casablanca – Berrechid et Casablanca – Rabat, ainsi que l’autoroute Guercif – Nador, longue de 104 km pour un coût de 7,9 milliards de dirhams, reliée au port Nador West Med.
En vue de la Coupe du Monde 2030, un programme de réhabilitation des routes a été lancé dans 30 villes avec un investissement de 12,5 milliards de dirhams, en plus d’un budget annuel de maintenance de 3 milliards de dirhams.
M. Sari insiste sur le fait que cette accumulation de projets routiers procède d’une vision royale prospective considérant les infrastructures comme un outil d’intégration nationale, de stimulation de la croissance et de liaison du Maroc à son environnement africain et international.
Transport ferroviaire: bond qualitatif avec le train à grande vitesse
Le lancement du train à grande vitesse "Al Boraq" en 2018 a marqué une étape décisive dans la modernisation du transport ferroviaire. Il a réduit la durée du trajet entre Tanger et Casablanca de près de 5 heures à 2h10, avec une vitesse atteignant 320 km/h et un coût de 23 milliards de dirhams.
Ce projet constitue la pierre angulaire d’un plan plus large de développement du réseau ferroviaire, incluant la modernisation du parc, l’amélioration des services dans les gares, l’extension des liaisons interurbaines et le passage à des modèles de transport durables. Il permet également d’éviter l’émission de 20.000 tonnes de gaz à effet de serre par an.
M. Sari souligne que "Al Boraq" n’est pas seulement un projet d’infrastructure, mais une initiative symbolique plaçant le Maroc en position de leader en Afrique, et traduisant l’ambition de transition vers des moyens de transport durables, rapides et efficaces.
L’ambition ne s’arrête pas là. En avril 2025, Sa Majesté le Roi a lancé les travaux de la ligne Kénitra – Marrakech, longue de 430 km, avec une vitesse de 350 km/h et un investissement de 53 milliards de dirhams, dans le cadre d’un programme global de 96 milliards de dirhams incluant l’achat de 168 trains, la rénovation du réseau et le renforcement de la liaison urbaine.
M. Sari affirme que ces projets génèrent des milliers d’emplois directs et indirects, avec un taux d’intégration local dépassant les 40%, tout en attirant les investissements et en favorisant un développement durable.
Il ajoute que le train à grande vitesse est l’un des moyens de transport les moins émetteurs, comparé aux voitures et aux avions, ce qui en fait un levier conforme aux objectifs de transition énergétique et de durabilité.
Il conclut que le budget des projets ferroviaires est passé de 23 milliards à 96 milliards de dirhams ces deux dernières décennies, couvrant les trains à grande vitesse, la liaison urbaine avancée entre Rabat et Casablanca, ainsi qu’un futur réseau de 3000 km, traduisant une transformation stratégique de la vision marocaine des infrastructures.
Ports: un pont économique entre l’Afrique et l’Europe
Les ports marocains ont connu un essor considérable, devenant des centres logistiques stratégiques. Le port Tanger Med est l’exemple le plus emblématique: classé 4e mondial en connectivité maritime et 1er en Afrique pour la manutention des conteneurs, avec plus de 10 millions de conteneurs par an en 2023.
M. Sari souligne que ce port n’est pas seulement une plateforme de chargement, mais un hub industriel intégré abritant des centaines d’entreprises dans divers secteurs, employant des milliers de personnes, et connecté à 180 ports dans 70 pays, ce qui en fait un levier puissant pour l’export et l’investissement.
Au sud, le port Dakhla Atlantique en construction se présente comme une nouvelle plateforme d’intégration africaine et un moteur de développement régional, avec une capacité de création de 80.000 à 100.000 emplois.
Selon Sari, ce projet permettra d’attirer des investissements industriels et énergétiques, et de créer des emplois durables, en harmonie avec la vision royale visant à renforcer les relations économiques du Maroc avec les pays africains, et à créer de nouveaux pôles logistiques dans le sud du Royaume.
Dans l'Oriental, le port Nador West Med est en cours de réalisation, avec une mise en service prévue fin 2026. Il vise à désengorger Tanger Med et à accompagner le développement industriel régional, avec des investissements estimés à plus de 80 milliards de dirhams et la création de 100.000 emplois.
D’autres ports, comme Casablanca, Jorf Lasfar et Safi, ont également connu des opérations de modernisation: quais rénovés, connexion aux réseaux routiers et ferroviaires, amélioration des infrastructures numériques.
Aéroports: plateforme d’avenir pour la transformation touristique
Les projets aéroportuaires s’inscrivent dans la stratégie "Aéroports 2030", qui vise à faire passer la capacité annuelle de 30 à 80 millions de passagers.
Ce programme inclut l’extension de l’aéroport Mohammed V (40 millions de passagers en 2029), Marrakech Ménara (16 millions en 2028), ainsi que la modernisation des aéroports d’Agadir, Tanger, Fès et Rabat.
Ce développement accompagne l’élargissement de la flotte de Royal Air Maroc à 100 avions d’ici 2030.
Sari explique que cette orientation reflète une ambition de faire du Maroc une plateforme aérienne stratégique en Afrique et dans le monde, notamment grâce à la digitalisation des parcours et à l’amélioration de l’expérience passager, dans la perspective de la Coupe du Monde 2030.
M. Sari conclut que le règne de Sa Majesté le Roi Mohammed VI est celui de la transformation stratégique profonde, où les infrastructures sont devenues un choix stratégique au service d’objectifs majeurs en matière de durabilité et d’intégration économique.
Ce parcours comprend également l’atteinte de 149 barrages dans une carte hydrique estimée à 141 milliards de dirhams, le renforcement de l’infrastructure industrielle à travers les zones d’accélération, le passage au réseau 5G pour l’infrastructure numérique, en plus d’installations sportives et touristiques dans la perspective du Mondial 2030.
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