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Azzedine Ounahi, l’insoumis du milieu
01/12/2025 - 23:30
Matar Bensalmia
Comme s’il avait enfin trouvé le tempo exact de son jeu, Azzedine Ounahi vit peut-être la période la plus aboutie de sa jeune carrière à Gérone. Pourtant, il a grandi sur un terrain poussiéreux à Hay Lalla Meriem, ce quartier populaire de Casablanca où les premiers dribbles prennent forme.
Auteur d’un but splendide face au Real Madrid et devenu semaine après semaine, l’un des moteurs du jeu catalan, l’international marocain retrouve une influence et une liberté qui rappellent son éclat mondialiste. À l’approche de la CAN, il s’impose parmi les hommes les plus en forme de la Liga.
À cinq ans, Azzedine Ounahi court déjà derrière un ballon avec la conviction qu’il ira loin. Dix ans plus tard, le voilà chez les minimes du Raja Club Athletic. Gabarit fin, allure fragile, mais un meneur de jeu solide qui illumine les tournois U13 et découvre les premiers frissons d’un football structuré lors de la Danone Nations Cup.
Et puis l’Académie Mohammed VI l’accueille en 2015. Ounahi avait alors quinze printemps et des rêves immenses. Là-bas, il apprend la discipline, le travail, l’endurance et la rigueur scolaire aussi. Il polit sa vision du jeu qu’on le dit souvent inspiré par Iniesta.
Le pari européen
En 2018 il franchit la Méditerranée. Le RC Strasbourg le repère, lui offre un premier contrat, puis l’US Avranches, en National, lui ouvre les portes de la visibilité. À Avranches, le Marocain se révèle pleinement. Les recruteurs de Ligue 1 observent, Angers SCO s’avance. Il signe en 2021 pour quatre ans, découvre l’élite, fait ses débuts professionnels, puis sa première titularisation en Ligue 1 en février 2022, lors d’une victoire face à Toulouse. Une ascension lente mais patiente, juste à l’image du joueur.
Et puis il y a cette Coupe du Monde 2022 qui change tout. Ounahi est titulaire en phase de groupes. Contre la Belgique d’abord, puis face au Canada, il brille et les Lions de l’Atlas terminent premiers.
Face à l’Espagne, il livre un récital tel que Luis Enrique stupéfait, lâche en conférence: “J’ai été agréablement surpris par le numéro 8”. Le Maroc poursuit donc son épopée contre le Portugal puis la France…
Sa trajectoire se grippe à Marseille
L’Olympique de Marseille l’attire en janvier 2023. Le transfert à 8 millions d’euros récompense son Mondial mais le rêve s’effrite vite. Une fracture de l’orteil contre le Brésil, une opération, dix matches manqués, puis une fracture du pied. Les pépins s’enchaînent entre douleurs au dos, nez cassé et coups divers. En effet, le corps dit non, souvent.
Et puis Marcelino impose un 4-4-2 qui ne lui convient pas et Ounahi se retrouve sur le banc. Un bref réveil sous Abardonado ne change rien. Les absences s’accumulent, un malaise s’installe, et les entraîneurs s’enchaînent, Gattuso, puis De Zerbi. Le milieu ne rentre plus dans aucun plan. Écarté du groupe pro, relégué en réserve, il s’entraîne seul dans une ambiguïté assez pesante.
La renaissance
En septembre 2024, un prêt au Panathinaïkos lui offre une porte de sortie. Ounahi s’y reconstruit, marque cinq buts, distribue sept passes décisives en 37 matchs, et retrouve sa confiance. Élu joueur de la saison, il renaît loin du tumulte marseillais.
L’été 2025 confirme la rupture. Girona insiste, l’OM négocie, puis accepte un deal de 6 millions d’euros, bonus, 20 % à la revente. Le 30 août, Azzedine Ounahi s’engage en Liga jusqu’en 2030. Il accepte même une baisse de salaire pour redémarrer sa carrière, convaincu que le championnat espagnol serait le terrain naturel de son jeu.
Un fil rouge: la fidélité à soi-même
Ounahi a connu les terrains poussiéreux de Casablanca, les promesses de l’académie et l’éclat planétaire du Mondial, puis le doute et la blessure Et pourtant, le voilà encore debout, encore prêt à surprendre.
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