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Badou Zaki dévoile à SNRTnews les dessous de son expérience soudanaise
02/04/2023 - 20:19
Youness El Kherrachi
Dans cette interview accordée à SNRTnews, Badou Zaki, entraineur de la sélection soudanaise parle de sa nouvelle expérience. Il s'exprime également sur la place des entraineurs marocains sur la scène africaine et sur une éventuelle rencontre face aux Lions de l'Atlas.
SNRTnews: Premièrement, nous aimerions savoir comment vous avez décidé d’entamer une nouvelle aventure au Soudan?
Badou Zaki: Pendant la période où le Maroc organisait la Coupe du monde des Clubs de la Fifa, j’ai reçu un appel de la part de Moutassim Jaafar, président de la Fédération soudanaise de football. Il m’a demandé de le rencontrer tout en m’indiquant qu’il m’a choisi lui et ses collègues au sein de la direction technique en tant que candidat pour entrainer la sélection soudanaise.
Je ne vous cacherai pas qu’à cet instant-là, plusieurs choses ont tourné dans ma tête et mon esprit. Mais au fond de moi, j’ai rapidement accepté, car je me suis dit que c’est une expérience qui sera très importante. Elle va me donner un plus dans ma carrière, malgré la différence culturelle entre le peuple marocain et soudanais. Cette offre est venue dans un contexte particulier pour moi, notamment après le décès de ma femme qui a bouleversé ma vie.
La deuxième raison qui a pesé sur ma décision d’entrainer le Soudan est que l’objectif que se fixe actuellement le pays est logique. Car la qualification à la Coupe d’Afrique des nations et jouer le deuxième tour sont considérés comme un exploit. Cela veut-il dire que le président de la Fédération soudanaise n’a trouvé aucune difficulté pour s'entendre avec vous sur les détails?
Effectivement. Notre rencontre a eu lieu à Rabat, en marge de la Coupe du monde des clubs. Nous nous sommes mis d’accord sur tous les détails pendant seulement une heure et demie de négociation. Par la suite, j’ai contacté Youssef Fertout pour lui proposer de travailler avec moi. Et il a accepté avec bienveillance d’être à mes côtés dans cette nouvelle aventure.
Quelle était donc la prochaine étape?
Ensuite, quand je suis retourné chez moi, j’ai commencé à me documenter sur le football soudanais. Je me suis informé sur le parcours de la sélection soudanaise par le biais d’un programme numérique avec lequel nous avons travaillé à la Direction technique marocaine.
Et quelles sont les premières conclusions que vous avez tirées?
A travers les recherches que j'ai menées, à travers les moindres détails des performances collectives et individuelles, j'ai compris que l'équipe du Soudan a des points positifs très importants, alors que les points négatifs qui entravent son évolution sont liés en général à la discipline. La discipline dans la formation, la ponctualité, la nutrition et tout ce qui tourne autour la gestion professionnelle, permettra à l’équipe soudanaise de maitriser son parcours et se frayer le bon chemin vers les succès.
Autre chose: j'ai compris que par exemple, la sélection soudanaise a perdu un certain nombre de matches à cause de buts marqués à son encontre sur des erreurs naïves. L’équipe rate aussi des occasions concrètes à cause du manque de concentration. Je pense que cela viendra avec la discipline.
Comment avez-vous été accueilli au Soudan? L'image de Zaki était au niveau des attentes, auprès des médias là-bas?
Croyez-moi, l'accueil a été très chaleureux. Et ma présentation devant les médias soudanais a été formidable et civilisée à un point indescriptible. C’est ce qui a rendu cette rencontre chaleureuse avec notamment la présence de l'ambassadeur du Maroc, Maa Al-Ainin, à qui je voudrais adresser, par votre intermédiaire, mes sincères remerciements pour l'hospitalité et l'accueil. Car il a été le premier à me contacter lorsque nous avons vaincu le Gabon.
Quelles ont été vos premières impressions sur les Soudanais lors de vos premières rencontres avec eux?
Des gens bien, avec une très haute moralité. Personnellement, je n'ai pas ressenti que je suis un étranger. Oui nous avons des différences culturelles sur certaines choses, mais notre mentalité est la même. J'ai aussi remarqué une chose importante, c'est que les Soudanais sont attachés, comme les Marocains, à leur religion.
Selon vous, pourquoi l’entraineur marocain à tarder de s’imposer sur la scène africaine ou encore internationale?
La raison à mon avis, est que le système de football marocain a malheureusement, pendant des années, considéré le cadre national marocain comme un pompier, ou un sauveteur, ni plus ni moins. L'entraîneur marocain est sollicité que dans un seul cas: lorsque l'équipe commence à prendre feu. Par la suite on lui demande de l'éteindre. Dès qu'il réussit et que les choses se calment, ils commencent à chercher un entraineur étranger.
Cette situation qui commence à changer progressivement a empêché le cadre nationale de s’offrir une place dans sa propre structure. Comment pourrait-il donc s’imposer sur le continent africain ou ailleurs? C'était impossible. Cependant, cette situation est sur le point de changer, avec le changement des mentalités.
En ce qui me concerne, par exemple, j'ai toujours fait l’objet de rumeurs malveillantes, prétendant que je suis un dictateur, que j'impose une rigueur au-delà des limites, et que j'entre en conflit avec les responsables. Je voulais toujours appliquer les principes professionnels et j'ai en fait commencé à les appliquer sur moi-même, à partir de moi-même, quand j'étais un joueur professionnel et quand je suis devenu entraîneur de clubs et d’équipes nationales.
Vous vous rappelez bien que j'ai été l'un des premiers, sinon le premier, à refuser aux supporters d'assister aux entraînements de l'équipe. J'ai refusé de faire monter un inconnu de l'équipe avec nous dans le bus privé, et j'ai obligé les médias à soumettre des demandes pour des interviews avec moi et les joueurs, etc. Cela m'a fait l'objet d'étranges rumeurs, bien que tout cela soit appliqué aujourd'hui et tout le monde l'accepte sans la moindre plainte.
Comment allez-vous gérer un éventuel match entre le Maroc et le Soudan?
J'en serai fier. Comment ne pas être fier quand j'affronte la quatrième équipe au niveau mondial? La sélection marocaine est devenue charismatique et prestigieuse après épopée historique à la Coupe du monde au Qatar. Et elle était sur le point de jouer pour le titre si il n’y avait pas eu quelques failles et aussi ce que la VAR a fait d’elle.
Laissez mois vous dire que le football marocain est devenu numéro 1 en Afrique. C’est le résultat d’un grand travail de fond. Les infrastructures sportives parlent d’elle-même. La Botola a beaucoup évolué. Et les sélections marocaines toutes catégories avancent à grand pas. Mêmes les sélections féminines sont qualifiées en Coupe du monde. Ce sont des exploits qui me rendent fiers si j’affronterai le Maroc, en tant que entraineur de la sélection soudanaise.
Quel que soit le résultat la rencontre contre l'équipe nationale marocaine sera très utile. Car elle nous aidera à corriger un certain nombre de choses. Il n'est pas facile d'affronter l'équipe qui a battu le Brésil.
Les médias internationaux ont témoigné de la force des Lions de l’Atlas et ont aussi dit que la prudence devra être de mise pour les équipes qui affronteront le Maroc.
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