Politique
Chambre des conseillers: 2015… 2021, l’écart
06/10/2021 - 22:01
Imane Benichou
Le calendrier électoral de 2021 est arrivé à sa fin. L’élection des membres de la Chambre des conseillers, dernier rendez-vous électoral, a eu lieu ce mardi 5 octobre 2021. La coalition tripartite de la majorité a ainsi consolidé son contrôle sur les deux Chambres du parlement.
Les résultats ont été enfin annoncés mardi soir. Le classement des partis en tête de ces élections se distingue ainsi de celles de 2015, date de l’élection, pour la première fois, des 120 membres de la Chambre haute du parlement marocain, au lieu de 270 membres dans l'ancienne configuration.
À l'instar des résultats des élections de la Chambre des représentants, le Rassemblement national des indépendants (RNI), le Parti authenticité et modernité (PAM) et le Parti Istiqlal (PI), formant la majorité gouvernementale, ont réussi à remporter le plus grand nombre de sièges, à savoir 63 sièges sur les 120 que compte la Chambre des conseillers.
Le RNI est arrivé en tête du classement avec 27 sièges, le PAM en deuxième position avec 19 sièges et le PI avec 17 sièges. Ce dernier a en effet perdu 8 sièges en comparaison avec les élections de 2015. De même pour le PAM, qui a perdu 4 sièges. Le recul du Parti de la justice et du développement (PJD) s’est également manifesté. Le parti avait remporté 12 sièges en 2015.
Le MP a pour sa part remporté 2 sièges de plus qu’en 2015, occupant ainsi la 4e place avec 12 sièges, suivi de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) avec 8 sièges, du PJD avec 3 sièges et de l’Union constitutionnelle (UC) avec 2 sièges. Trois des six autres partis politiques, ont obtenu un siège chacun et un candidat sans appartenance politique a réussi à remporter ces élections de 2021.
Lors des élections de 2015, le RNI est arrivé en 5e position avec 8 sièges, suivi de de l'USFP avec 5 sièges, de l’UC et le Mouvement démocratique et social (MDS) avec 3 sièges chacun, du Parti du progrès et du socialisme (PPS) avec 2 sièges, et enfin du Parti d'Al Ahd Addimouqrati (PAAD) et du Parti de la réforme et de développement (PRD) avec 1 siège chacun. Pour leur part, les Sans appartenance politique (SAP) ont remporté 8 sièges lors de ce scrutin.
Encore une fois en tête du podium syndical, l'Union marocaine du travail (UMT) a décroché, ce mardi, 8 sièges, contre 6 en 2015. L’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM) a doublé en 2021 son précédent score, remportant 6 sièges. Et toujours au cours de ces récentes élections, la Confédération démocratique du travail (CDT), l’Union nationale des travailleurs du Maroc (UNTM) et la Fédération démocratique du travail (FDT) ont obtenu respectivement 3, 2 et 1 sièges. En 2015, la CDT et l'UNTM ont remporté 4 sièges chacune, alors que la Fédération démocratique du travail (FDT), l'Organisation démocratique du travail (ODT) et le Syndicat national démocratique (SND) ont obtenu un siège chacun.
"Pas de surprises majeures"
Après une approche comparative des résultats des élections de 2015 et de 2021, Saïd Khoumri, professeur des sciences politiques et de la communication politique à l'Université Hassan II, a estimé que "la différence est la même", abstraction faite de "la nette progression du RNI et du déclin relatif du PI".
"Les résultats n'avaient pas enregistré de surprises majeures, maintenant la même disposition des partis, par rapport aux dernières élections", a-t-il encore ajouté, notant que ces résultats étaient "attendues".
Toutefois, pour cet universitaire, les résultats des centrales syndicales sont sujets à observation. "Par exemple, l’UGTM est arrivée en deuxième position avec six sièges, et donc ces sièges restent proches du PI, sauf si d’autres alliances se forment", a-t-il expliqué, se demandant ensuite si la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) peut être considérée comme proche du RNI, et si l'UGTM gardera son impartialité.
"Ces résultats viendront compléter les fondements des négociations entre les partis de la majorité gouvernementale, des fondements qui ne sont pas uniquement liés aux portefeuilles ministériels, mais également liés aux présidences des deux chambres du Parlement", a-t-il expliqué.
Khoumsi a par ailleurs noté que la représentation des collectivités territoriales à la Chambre des conseillers représente les trois cinquièmes, expliquant que l’alliance tripartite des partis dominant a porté ses fruits et a donné des résultats positifs.
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