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CHAN 2024: une vraie vitrine ou une illusion pour les joueurs locaux?
04/08/2025 - 18:02
Amine Oubaha
Pensé comme une vitrine pour les talents locaux, le CHAN a révélé des joueurs comme Ayoub El Kaabi et Soufiane Rahimi, devenus aujourd’hui des références du football marocain. Pour les joueurs de la Botola, cette compétition reste une rare opportunité de se faire remarquer par les clubs étrangers et de franchir un cap dans leur carrière, à l’image de ceux présents cette année au Kenya sous la houlette de Tarik Sektioui
L’équipe nationale des joueurs locaux a entamé, dimanche 3 août 2025, sa campagne au Championnat d’Afrique des Nations (CHAN), organisé en Tanzanie, au Kenya et en Ouganda, par une victoire convaincante contre l’Angola (2-0).
Face à plusieurs contraintes, notamment le départ de nombreux joueurs nés en 2000 ou après vers des championnats étrangers, ainsi qu’un stage de préparation de courte durée, Tarik Sektioui a su rassembler un groupe compétitif, composé des meilleurs éléments de la Botola Pro, à l’image de Rabie Hrimat, Mohamed Moufid, Youssef Belaammari ou encore Imad Riahi.
Une véritable armada de joueurs locaux, expérimentés dans le football africain, qui doivent saisir cette opportunité pour, d’une part, remporter un troisième titre continental, et d’autre part, mettre en lumière le potentiel du joueur local marocain.
À chaque édition du CHAN, une question revient avec insistance : que peut réellement apporter ce tournoi aux joueurs africains évoluant dans leurs championnats locaux ?
Un tournoi pas toujours bien accueilli
Lancé en 2009 par la Confédération africaine de football (CAF), le Championnat d’Afrique des Nations n’a jamais fait l’unanimité au sein des fédérations membres. Son objectif principal est pourtant clair: offrir aux joueurs locaux l’occasion de s’exprimer sur la scène continentale et d’acquérir une visibilité accrue.
Cependant, plusieurs pays africains ont exprimé leurs réserves, allant jusqu’à boycotter la compétition. L’Égypte, la Tunisie ou encore l’Afrique du Sud ont, à plusieurs reprises, refusé d’y participer.
Pourquoi? Ces nations ne veulent pas courir le risque de libérer en pleine saison des joueurs locaux, souvent essentiels à leurs sélections, au détriment de la dynamique des clubs.
Autre frein: le calendrier. Le CHAN, qui se joue habituellement en milieu de saison (à l’exception de cette édition), perturbe le programme des clubs engagés en Coupe de la CAF ou en Ligue des champions africaine, ces derniers refusant à libérer leurs joueurs par crainte de blessures ou de surcharge physique.
Le Maroc, grand défenseur du joueur local
Double champion de la compétition (2018 et 2021), le Maroc a toujours misé sur le CHAN. Malgré les contraintes liées au calendrier de la Botola Pro, la Fédération royale marocaine de football (FRMF) a constamment accordé une grande importance à ce tournoi, soucieuse de valoriser les talents du championnat national.
En équipe A, la majorité des joueurs sont formés en Europe ou issus de l’Académie Mohammed VI. Une tendance qui relègue souvent les joueurs de la Botola au second plan, malgré leur potentiel. Dans un championnat pourtant considéré comme l’un des meilleurs d’Afrique, les joueurs locaux peinent à sortir de l’ombre.
Le Maroc, conscient de cette réalité, a toujours tenu à participer activement au CHAN, avec la volonté affirmée de permettre à ses joueurs locaux de se faire remarquer par des clubs étrangers, voire de prétendre à une place en sélection nationale A.
Des parcours inspirants: El Kaabi et Rahimi
Ayoub El Kaabi en est le parfait exemple. Attaquant de la RS Berkane lors du CHAN 2018 organisé au Maroc, il y a explosé, terminant meilleur buteur avec 9 réalisations. Une performance qui lui a ouvert les portes du championnat chinois, avec un transfert à Hebei Fortuna contre un montant de 6 millions d’euros.
Une opération gagnant-gagnant pour le joueur comme pour le club, et un tournant décisif dans la carrière de celui qui est aujourd’hui l’attaquant numéro un des Lions de l’Atlas.
Autre réussite marocaine issue du CHAN: Soufiane Rahimi. Pur produit du Raja, il s’est illustré lors de l’édition 2021 au Cameroun, dont il a été à la fois le meilleur buteur (5 buts) et le meilleur joueur. Son talent a séduit les dirigeants d’Al Ain (Émirats arabes unis), où il a signé six mois plus tard, pour un montant avoisinant les 3 millions d’euros.
À l’image d’El Kaabi ou de Rahimi, plusieurs joueurs marocains présents à ce CHAN 2025 sont attendus au tournant. Des profils comme Rabie Hrimat, Imad Riahi ou encore Ayoub Mouloua auront à cœur de marquer cette édition de leur empreinte.
Pour eux, ce tournoi représente bien plus qu’une compétition continentale: c’est une vitrine précieuse pour séduire des recruteurs étrangers et franchir un nouveau cap dans leur carrière.
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