Société
Des dinosaures aux oiseaux carnivores: Des fossiles uniques au monde révélé par Nour-eddine Jalil
17/03/2026 - 12:04
Youness Oubaali
Le phosphate du Maroc, outre son importance économique mondiale, constitue un réservoir scientifique unique.
À travers les couches géologiques des gisements, les scientifiques ont découvert des centaines d'espèces d'organismes marins, de reptiles, d'oiseaux et de mammifères ayant vécu il y a des millions d'années.
Dans cet entretien, le paléontologue marocain Nour-eddine Jalil met en lumière l'histoire des recherches scientifiques dans les gisements de phosphate de Khouribga et les principales découvertes réalisées par les équipes de recherche internationales, dont la dernière est celle d'un reptile prédateur ayant vécu il y a 66 millions d'années, ainsi que sa contribution personnelle au développement des études sur les fossiles marocains et à la préservation de ce patrimoine scientifique unique.
Quand ont commencé les recherches dans les gisements de phosphate de Khouribga?
L'intérêt scientifique pour le phosphate du Maroc remonte à 1907, lorsque le chercheur Brives a fourni la première description scientifique du phosphate et des fossiles qu'il contient.
En 1917, les grandes potentialités des réserves de phosphate ont été découvertes, ce qui a conduit à la création de l'Office Chérifien des Phosphates (OCP) en 1920 pour réglementer et exploiter cette ressource vitale.
Quand les études scientifiques ont-elles commencé de manière approfondie?
L'année 1934 a marqué un tournant dans l'étude du phosphate du Maroc, lorsque le directeur de l'OCP, Alfred Beaugé, a chargé le scientifique français Camille Arambourg de mener une étude scientifique approfondie sur les gisements de phosphate au Maroc.
Quelle est votre contribution à cette dynamique scientifique?
J'ai poursuivi mes recherches en France, mais mes projets de recherche au Maroc se sont poursuivis dans le cadre d'accords scientifiques. J'ai contribué à la signature d'un partenariat scientifique entre l'Université britannique de Bath et l'Université Cadi Ayyad à Marrakech, et j'ai participé à des recherches conjointes entre l'OCP et l'Institut National de Recherche Scientifique en France.
Quels sont les résultats de ces fouilles à ce jour?
Environ 100.000 spécimens fossiles ont été collectés et conservés à Paris, et les scientifiques ont décrit environ 150 espèces d'organismes marins disparus, dont 34 espèces de poissons osseux, 14 espèces de crocodiles, 18 espèces de tortues, 17 espèces de mosasaures, un serpent marin, 6 espèces de reptiles volants, 6 espèces de dinosaures non aviaires et 4 espèces d'oiseaux marins.
Où sont collectés ces fossiles?
Les recherches ont abouti à la collecte de fossiles uniques, ce qui a conduit à l'idée de créer un musée pour exposer ces trésors scientifiques et informer le public sur l'histoire géologique de la région.
Les gisements de phosphate racontent-ils une histoire de millions d'années?
Oui, ces gisements racontent une histoire qui remonte à 24 millions d'années, à travers deux étapes principales: la fin de l'ère géologique des reptiles aquatiques géants et des reptiles volants, puis l'ère des oiseaux, des crocodiles et des tortues. Il est également intéressant de noter que les oiseaux de cette époque appartenaient à des espèces de dinosaures carnivores.
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