Politique
Dkhil: l'Algérie, "la vraie partie prenante" du conflit du Sahara marocain
25/03/2022 - 22:00
Imane Benichou | Hamza BAMMOUInterrogé par SNRTnews, l'ex-membre fondateur du polisario, Bachir Dkhil explique le "rôle réel" que joue l'Algérie dans le conflit du Sahara marocain. "Il s'agit de la vraie partie prenante de ce conflit, et non pas le polisario", a-t-il fait savoir.
"L'Algérie ne cesse d'avancer qu'elle n'est pas partie prenante du conflit. Lorsque l'Espagne a pris position, l'Algérie a convoqué son ambassadeur en Espagne", a d'abord fait remarquer Bachir Dkhil, président de l'Institut du Forum international des alternatives pour les études sahraouies (Al Andalouss). "C'est la preuve qu'elle est partie prenante du conflit", a-t-il rétorqué, rappelant que les camps de Tindouf sont un territoire algérien, et que le régime algérien "impose au polisario que quiconque s'oppose à la politique algérienne ne peut pas être président du polisario".
Dkhil a souligné que l'Algérie est toujours "coincée" dans la pensée de la révolution des années 50 et 60. "Alors qu'un grand mouvement du peuple algérien aspirant au changement et de la démocratie a vu le jour, le même groupe de dirigeants algériens a fait du Sahara un conflit".
Et de poursuivre: "Ce qui se passe depuis 50 ans est une continuation de la guerre des Sables avec le Maroc". "L'Algérie a d'abord utilisé le polisario comme moyen de pression sur lui-même et ensuite à des fins personnelles. Pourtant, le régime algérien ne se soucie pas de la tragédie, de l'injustice et de la faim qui gangrènent les camps de Tindouf", s'est-il exprimé.
"L'Algérie n'a-t-elle pas les capacités d'établir un hôpital à la Wilaya de Smara ou de créer une carte de réfugiés conformément aux dispositions de la Convention de Genève?", s'est-il interrogé. Et de rétorquer qu'elle ne se soucie pas du sort des Sahraouis. "Ils sont plutôt un moyen pour attaquer le Maroc et pour garantir ses intérêts dans la région, ce qui s'est bien sûr reflété dans sa réaction à la position de l'Espagne", a-t-il ajouté, expliquant que l'Espagne ne s'aligne plus sur cette position et "qu'elle ne peut plus tolérer qu'un président accède à son territoire de nuit avec un faux passeport", pour qu'elle plonge dans une crise majeure. "Chaque pays a ses propres intérêts et a le droit de se respecter et de respecter ses lois", a souligné Dkhil.
"Le rôle réel de l'Algérie est clair pour l'opinion internationale. Il s'agit de la vraie partie prenante de ce conflit, et non le polisario", a-t-il conclu.
Vendredi 18 mars, dans un message adressé à SM le Roi Mohammed VI, le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a souligné que son pays "reconnaît l’importance de la question du Sahara pour le Maroc". À ce titre, "l’Espagne considère l’initiative marocaine d’autonomie, présentée en 2007, comme la base la plus sérieuse, réaliste et crédible pour la résolution du différend". Sanchez a souligné "les efforts sérieux et crédibles du Maroc dans le cadre des Nations Unies pour trouver une solution mutuellement acceptable".
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