Société
Foodtech: un Marocain sur quatre est adepte de la livraison à domicile
01/08/2022 - 23:09
Mohamed Berrada
Malgré le recours accru aux applications mobiles durant la pandémie, les Marocains restent très peu adeptes des applications de livraison de repas à domicile, selon une étude du Groupe Sunergia.
Ils sont nombreux à sillonner les rues des grandes villes du Maroc sur leurs motos, grands cartables jaunes, verts, oranges ou rouges sur le dos. L’activité de la livraison à domicile, notamment de repas, connait un essor important ces dernières années au Maroc, accentué par la pandémie. Un constat qui pourrait nous pousser à croire que les habitudes des Marocains vis-à-vis de la restauration ont été impactées par la digitilisation. Pourtant, c’est loin d’être le cas, selon Sunergia.
Vive le fait maison !
Le groupe spécialisé dans les études de marché a en effet sorti une étude sur le recours aux applications de livraison de repas au Maroc, qui montre que 75% des Marocains ne les utilisent tout simplement pas. Les réfractaires sont majoritairement des séniors âgés de 45 ans et plus (11%), des divorcés (19%), de classe socioprofessionnelle modeste (12%) et habitant au nord, à l’est (20%) et au sud (19%) du Maroc, majoritairement dans les zones rurales (7%).
La raison principale avancées par ces personnes, sont la préférence au fait maison (30%), aux repas servis sur place (25%) et l’indisponibilité du service dans leur zone de résidence (11%). Seuls 4% estiment que les prix sont trop chers. Par ailleurs, 8% des Marocains ne connaissent tout simplement pas ces applications.
Un phénomène urbain?
De l’autre côté, les utilisateurs de ces applications habitent logiquement dans les grandes agglomérations. La région du Grand-Casablanca connait le plus grand nombre d’utilisateurs, avec 34%, suivie de Rabat-Salé-Kenitra avec 17%, Fès-Meknes avec 12%, Marrakech-Safi 11%, et Tanger-Tétouan-Al Hoceima 9%..
Ils sont jeunes célibataires (35%), âgés de 18 à 24 ans (41%). Ils habitent au centre du Maroc (34%), et dans des régions urbaines (37%), et sont de classe socioprofessionnelle aisée (49%). La grande majorité des utilisateurs ont cependant recours à l’application occasionnellement (69%), contre 18% seulement qui y sont adeptes.
Le taux d’utilisation urbain reste phénoménal par rapport à la moyenne du continent africain (2,26% seulement), mais bien inférieur à celui d’autres pays où la Foodtech est en pleine croissance, notamment en France, où ce taux atteint 46% en 2020 , et aux USA où il atteint 47% en 2021, rapporte l’étude.
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