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France: 30 ans de prison requis pour un viol suivi de meurtre en 1986
12/06/2021 - 14:54
SNRTnews | AFP
L'ancien cariste-magasinier de 61 ans avait avoué en 2019 avoir violé et étranglé Isabelle Mesnage, retrouvée morte en 1986, avant de se rétracter.
Le ministère public a requis samedi 30 ans de prison, assortis d'une période de sûreté des deux tiers, pour le meurtre et le viol d'une femme en 1986, contre Jacques Rançon, déjà condamné à la perpétuité pour des faits similaires en France.
Jacques Rançon est jugé depuis mardi par la cour d'assises de la Somme, dans le nord de la France, pour avoir tué et violé Isabelle Mesnage, une jeune informaticienne de 20 ans, en 1986 - ce qu'il nie. "Dans la tête de Jacques Rançon, tout est sexuel, une sexualité violente", a lancé l'avocate générale Anne-Laure Sandretto.
Cet ancien cariste-magasinier de 61 ans avait déjà été condamné en 2018 à la réclusion à perpétuité pour les viols et les meurtres de deux femmes près de la gare de Perpignan, dans le sud de la France, en 1997 et 1998. Il avait avoué en 2019 avoir violé et étranglé Isabelle Mesnage, avant de se rétracter. Elle avait été retrouvée morte en juillet 1986 à la lisière d'un bois, à Cachy, près d'Amiens (nord).
Pendant plus d'une heure et demi, Sandretto a dressé le portrait d'un homme "en béton armé qui n'a aucune vibration émotionnelle", "insondable", "taiseux" et "dangereux", passant "d'une vie banale à une vie d'horreur quand il est déchaîné par ses pulsions".
Devant un accusé impassible, elle a détaillé la liste des "charges", notamment le lieu des faits, "terrain de chasse" de Jacques Rançon, proche de son domicile de l'époque, un endroit qu'il "connaît parfaitement" et où il a "déjà fait deux victimes connues".
L'avocate générale a également relevé la "concordance" entre le moment de la disparition d'Isabelle Mesnage et un "moment de liberté seul à bord de son véhicule".
Quant au "mode opératoire" de Jacques Rançon, elle a rappelé la "similitude des blessures" infligées à Isabelle Mesnage, Moktaria Chaïb et Marie-Hélène Gonzalez, les deux victimes de Perpignan, dont les corps avaient eux aussi subi d'importantes mutilations, notamment des organes génitaux.
"Il s'agirait de son premier meurtre. C'est déjà une peine très lourde pour un primo-délinquant. Je comprends que le parquet ne puisse pas solliciter la perpétuité", a réagi devant la presse Corinne Herrmann, avocate des parties civiles, rappelant que ses clients ne sont pas dans "une démarche de vengeance" mais de "souhait de justice".
L'enquête avait piétiné avant d'aboutir à un non-lieu en 1992. Mais elle avait été relancée en 2017, quand l'avocate, spécialiste des affaires non élucidées, avait demandé au nom de la famille la réouverture des investigations et obtenu gain de cause.
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